Environnement

Renouvelables : des prévisions trompeuses

La publication prochaine de la Programmation Pluriannuelle de l’Energie risque encore de fâcher le gouvernement avec certains courants écologistes.

Certains demandent la fermeture de plus de dix centrales d’ici 2025, ce qui est loin d’être engagé.

Mais des associations demandent que la production éolien plus solaire, représente plus de 55 GW en 2018 !

C’est tout simplement impossible. Le SER met en avant la puissance installée  pour le photovoltaïque, 6190 MW, qui  a produit 7,4 TWh soit 1,6% de la consommation. Il met en avant l’éolien, qui avec une puissance installée de 16 500 MW a produit 21,1 TWh, soient 4,5% de la consommation. Ensemble ces énergies ont produit 6,1% de la consommation.  Il est impossible que cette capacité soit multipliée par deux en trois ans, et par trois en 2023.

Les renouvelables ont certes  assuré 18,8% de la consommation électrique en France. C’est une progression qu’il convient d’analyser objectivement, sans esprit de polémique et surtout sans opposer les modes de production, mais en examinant toute les facettes du dossier.

SER met en avant les renouvelables, sans revenir sur les avantages et faiblesses des unes et des autres, sans tenir compte de leurs limites. Il raisonne en  puissance installée, et en production, en passant sous silence de nombreuses contraintes sur le réseau, mais aussi sur d’autres modes de production, en particulier sur les productions thermiques, fioul, charbon,  gaz à même de démarrer quand le solaire et le vent ne sont plus là.

Le Panorama des énergies renouvelables ne replace pas  ces dernières dans l’ensemble du paysage, ce qui est une lacune, les services énergétiques n’ayant pas vocation à être coupés en morceaux, ni pour les gestionnaires de réseaux, ni pour les utilisateurs.

Le solaire a produit 7,4 TWh soit 1,6% de la consommation, l’éolien, avec  21,1 TWh, a fourni  4,5% de la consommation. Eolien et photovoltaïque avec une puissance installée de 22 690 MW ont produit ensemble 28,5 TWh, soient 6,1% de la consommation. Avec quelque 63 000 MW, le nucléaire a produit de quoi satisfaire 73% de la consommation, en toute saison et à toute heure..

Le but n’est pas d’être ” pour” ou ” contre”, il est de regarder en face des réalités durables et surtout les calendriers réalisables. Car plusieurs réalités s’imposent. Le décalage entre la production d’énergies en partie saisonnières et les besoins.

Il faudra toujours des trains qui partent à des heures régulières, des métros, des tramways, des voitures électriques rechargées la nuit, des usines. Il y aura toujours des pointes hivernales un peu partout, même si le réchauffement climatique en atténue la rigueur.

Or les énergies renouvelables ne pourront pas couvrir tous ces besoins. Il y aura des moments sans soleil, des heures avec une production éolienne insuffisante. Il sera alors nécessaire de faire appel à des centrales au fioul, au gaz, au charbon, qui représentent encore plus de 20% de l’électricité produite en France.

A coup sûr, comme c’est le cas en Allemagne une croissance trop rapide des renouvelables non maitrisables que sont  l’éolien et le photovoltaïque risque de dégrader le bilan carbone français.

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