Avec plus de 16 millions de maisons exposées au risque du retrait-gonflement d’argile, en 2050, adapter toutes les maisons à ce risque croissant pourrait coûter 7 milliard d’euros par an. Une facture difficile à supporter. IFP Energies Nouvelles a mis au point Magellan, un procédé durable, économique de traitement.
Le Retrait Gonflement des Argiles, RGA pour le dire plus vite est un phénomène bien connu lié au comportement de l’argile une roche souple qui retient l’eau, mais qui aussi la laisse s’évaporer pour retrouver une forme de roche dure. Le risque est présent sur une grande partie de l’Hexagone, dans les vallées, de diverses tailles, autour des massifs montagneux, dans le bassin Aquitain, au Nord ouest du Massif Central, dans la plaine de la Loire, sur la bordure orientale du Bassin parisien, dans le Nord-Pas de calais, mais aussi en Lorraine et au pied de l’Arc Jurassien.
Dès aujourd’hui 20 millions de personnes en France vivent dans une maison exposée au RGA, rappelle la présentation du procédé Magellan réalisée par la société SOLINJECTION, ce jeudi 12 mars au Centre de Solaize de l’IFP Energies Nouvelles. Couvrir ce risque qui coûte aujourd’hui 700 millions d’euros par an pourrait coûter, dans quelques années, 2, 1 milliard en raison des effets du changement climatique sur le comportement des argiles.
Pluies et sécheresse
Le climat qui se met en place génère en effet des sessions météorologiques où des pluies abondantes ( comme en février en mars 2026) n’empêchent pas la survenue de canicules et de fortes sécheresses. L’argile composé de feuilles de silice chargées électriquement, positivement ou négativement, attirent l’eau de pluie.
La technique Magellan repose sur une démarche simple! remplacer l’eau qui va et vient, au prix de déformation de l’argile, par un gel de silice stable qui crée des liaisons chimiques minérales entre les feuillets d’argile La solution a été trouvée dans le cadre d’un projet européen orienté vers le colmatage des puits de stockage de C02, colmatage qui doit évidemment résister à des mouvements d’eau dans le sous-sol.
Un procédé breveté
Le gel de silice est injecté dans le sol argileux. Le procédé a été breveté par IFP Energies Nouvelles.,aussi bien pour le gel lui-même que pour le procédé d’injection . Magellan a été testé, son efficacité a été approuvée par des compagnies d’assurance spécialisées dans le secteur du bâtiment. IFPEN a reçu les représentants de plus de 100 sociétés d’assurance. Le cahier des charges a été validé. Les études ont confirmé l’innocuité sur le milieu naturel. Le procédé Magellan bénéficie d’une garantie décennale habituelle dans le secteur du BTP et l’injection est d’ailleurs pérenne.
Le procédé est bien plus économique qu’une solution par pose de pieux destinés à ancrer les bâtiments solidement dans le sous-sol. Un traitement revient pour une maison de 100 mètres carrés au sol, à 40 000 euros, contre près de quatre fois plus pour une solution par pieux. La société SOL INJECTION qui a déjà réalisé 35 chantiers en 2025, espère en réaliser une centaine en 2026. Spécialiste du retrait gonflement, SOLINJECTION est en plein développement.




