Bioéconomie

Saint-Etienne Métropole va tester le co-compostage de déchets verts avec une douzaine d’agriculteurs

La communauté d’agglomération de Saint-Etienne Métropole va lancer d’ici la fin de l’été 2011 une expérience de co-compostage de déchets verts avec une douzaine d’agriculteurs de son territoire. Actuellement ,l’agglomération stéphanoise produit chaque année 20 000 tonnes de déchets végétaux, dont 13 000 tonnes proviennent des particuliers et 7000 tonnes de l’entretien des espaces verts des communes. Jusque là ces déchets étaient envoyés dans d’autres départements de la région (Drôme et Ain notamment pour y être compostés, ce qui génère des coûts importants de transport.

Par ailleurs une étude menée auprès des agriculteurs de l’agglomération (1) a montré qu’il existe une demande de broyât de déchets verts utilisable comme engrais sur les exploitations. La technique consiste à co-composter directement chez l’agriculteur en andains ces broyât de déchets verts mélangés aux fumiers produits sur l’exploitation. L’étude a montré un fort potentiel d’utilisation de ce compost chez les éleveurs bovins des Monts du Lyonnais, de la vallée du Gier et de l’Ouest stéphanois. Une enquête a été réalisée auprès de 150 d’entre eux, et 28 ont fait part de leur intérêt pour cette technique , ce qui pourrait représenter un débouché pour 7000 à 11000 tonnes de déchets verts sur la base de 260 à 415 tonnes par exploitation.

En partenariat avec la chambre d’agriculture

Outre qu’il permettra de réduire les coûts d’envoi des déchets verts hors du département, ce circuit court de co-compostage permettra aussi aux agriculteurs de réduire sensiblement leur recours aux engrais chimiques. Cette réflexion de l’agglomération, qui entre dans le cadre de son plan climat-énergie territorial , a été menée en partenariat avec la chambre d’agriculture de la Loire . L’opération va faire l’objet d’une contractualisation avec la chambre d’agriculture qui sera chargée de définir les calendriers et de gérer la distribution aux agriculteurs, de veiller à la qualité des végétaux broyés ( par exemple les déchets de pelouses, trop fins, sont exclus de ce processus) , d’accompagner techniquement les agriculteurs volontaires et de veiller au respect de la charte qualité régionale du co-compostage à la ferme et de la circulaire de janvier 2002 sur le compostage en établissements d’élevage.

Une dernière réunion de finalisation a été tenue il y a deux mois avec une quinzaine d’agriculteurs, et les premières livraison de broyât démarreront en principe à la fin de l’été 2011 vers une douzaine d’exploitation. C’est le prestataire de l’agglomération pour la gestion des déchets verts, la société Sermaco à La Ricamarie, qui se chargera de collecter, broyer , déferrailler ,cribler , analyser et acheminer les déchets verts jusque chez les agriculteurs, pour qui cet apport sera totalement gratuit. Pour l’agglomération, l’opération sera financièrement blanche , la production et la fourniture gratuite de broyât aux agriculteurs représentant un coût sensiblement identique au procédé utilisé auparavant.

A noter aussi que ce nouveau mode de valorisation n’entrainera aucune modification pour les particuliers qui apportent habituellement leurs déchets verts dans les déchetteries de l’agglomération.

(1) Les 43 communes de l’agglomération stéphanoise comptent encore aujourd’hui 575 agriculteurs professionnels.

 

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