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Les sédiments du lessivage des routes: pas d’écotoxicité chronique dans certaines conditions

Le congrès mondial WASCON, consacré à l’utilisation des déchets dans la construction et dans les travaux publics s’est poursuivi ce jeudi à Villeurbanne où il a ouvert mercredi. Les organisateurs, Jacques Méhu, directeur de POLDEN, en tête, sont satisfaits de la participation réellement très internationale, avec une forte participation de scientifiques européens (italiens, espagnols, scandinaves, suisses), mais aussi africains et asiatiques. Du côté des entreprises françaises, la participation semble toujours insuffisante par rapport aux enjeux environnementaux et par rapport aux marchés réels ou potentiels.


Les thèmes abordés dans les ateliers ont été très nombreux et très poussés, WASCON étant le rendez-vous qui permet d’échanger sur le dernier état d’une question. Et les questions sont nombreuses , par exemple, sur l’utilisation des cendres dans les matériaux de construction, des déchets dans la construction de route, sur les effets de la présence de métaux lourds dans tel ou tel matériaux produits à partir de déchets.


Sédiments des bassins de rétention routiers


Bernard Clément, du Laboratoire des Sciences de l’Environnement de l’Ecole Nationale des Travaux Publics de l’Etat a ainsi présenté le résultat d’études sur les risques écologiques liés aux eaux de ruissellement issues des sédiments produits par le lessivage des chaussées.


Le gisement des sédiments produits par le lessivage des chaussées, contenus dans les bassins de rétention, représenterait en France 6,7 millions de tonnes de matériau de granulométrie variable. Ces sédiments doivent bien sûr être régulièrement enlevés des bassins de décantation pour conserver l’efficacité de ces derniers. « Ces matériaux ne sont pas faciles à utiliser. Le plus souvent ils sont stockés dans des aires, près des bassins, où ils perdent une partie de leur humidité» explique Bernard Clément.


Mais l’utilisation des matériaux n’est pas évidente. Les sédiments sont chargés en métaux lourds et en hydrocarbures. Le Laboratoire Central des Ponts et Chaussées, de Nantes, a mis au point un procédé de traitement qui permet de valoriser des sédiments dans la construction routière. Le procédé consiste à séparer les sédiments en fonction de la granulométrie, afin de voir à quelle granulométrie sont plutôt liés les polluants métalliques et organiques.


Les travaux menés sous la houlette de Bernard Clément ont eux consisté à voir si l’eau qui ruisselait sur ces sédiments réutilisés se chargeait elle-même de polluants. La dilution à un facteur de plus de 2 ne provoque pas d’écotoxicité aigüe. Une dilution d’un facteur 10 permet d’éviter une toxicité chronique.


Mais si une dilution permet de s’assurer de l’absence d’effet chronique, d’un point de vue éco toxicologique, le fractionnement des sédiments en fonction de leur granulométrie de permet pas de produire des matériaux totalement sans effet.


michel.deprost@enviscope.com




Pour en savoir plus sur le congrès WASCON : www.iscowa.org/wascon2009

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