Tertiaire

Sobriété numérique : Enviscope est pour !

A l’heure ou est publié un important rapport sur l’empreinte environnementale du numérique mondial, Enviscope, bien que modeste composante de ce système numérique, entend participer à la promotion de la sobriété numérique via son modèle économique.

La sobriété numérique est urgente et la représentation nationale doit s’emparer de ce dossier, le traiter à l’échelle du pays et le porter devant les instances internationales.

Média pour un Futur durable a toujours été engagé en faveur d’une sobriété du numérique. Le modèle payant développé depuis sa création en 2007 repose sur une conception responsable : le consommateur paie ce qu’il consomme.

Plusieurs raisons à cela, qui sont principalement de deux ordres.

Le premier est d’ordre sociétal. La gratuité, on l’oublie presque toujours n’est qu’une façade. Lorsque le produit est gratuit, c’est le consommateur qui est le produit, via l’exploitation de son audience et de ses données personnelles, sans qu’il en soit explicitement informé.

La gratuité source d’addiction

La gratuité repose sur un modèle économique dont le seul moteur est la publicité, donc la consommation. Chaque individu, réalisons-le, n’est considéré que comme un consommateur en puissance et comme un producteur de données. Ce modèle implique la recherche, à tout prix si on peut dire,  d’une audience toujours plus nombreuse en mettant sans cesse à sa disposition de nouveaux contenus aptes à satisfaire le plus grand nombre de cibles, sur les sujets les plus futiles, les plus discutables : il ne connait ni limite d’âge, ni limite morale, ni responsabilité juridique.

Nos enfants et nos adolescents sont conditionnés pour se soumettre à cette “Nouvelle servitude volontaire”. La gratuité, à la recherche de temps de cerveau disponible, est source d’addiction, de décervelage, de handicap pour tous les apprentissages, comme l’ont montré de nombreuses études.

Mais, et c’est l’autre versant du détournement du numérique, la gratuité et la surabondance de contenus contribuent à entretenir et promouvoir la surconsommation, ce qui se traduit par l’explosion de la consommation de ressources et d’énergie du numérique.

Le numérique voué à l’épuisement

Cette explosion a été à maintes reprises analysée. Le récent rapport de Green IT tire ainsi le signal d’alarme : le numérique est déjà responsable de 4 % des émissions mondiales de GES, et sa consommation croissante de ressource le met en voie d’être lui-même considéré comme une ressource critique non renouvelable.

Pour autant ce rapport ne remet nullement en cause les usages du numériques, or il y a là aussi manifestement matière à réflexion et à agir. Juste un exemple : l’été dernier, un rapport du Shift a montré le poids de la consommation de vidéos en ligne qui représente 60 % du trafic mondial de données. Parmi celles-ci, le visionnage de vidéos pornographiques a généré en 2018 des émissions du même ordre que celles du secteur résidentiel en France.

Alors que nous risquons tout simplement de ne plus être en mesure de sauvegarder et donc transmettre notre savoir et notre culture au format numérique sur le long terme, pouvons-nous nous permettre de continuer sur cette trajectoire ?

La sobriété du numérique doit se penser aussi bien au niveau de la conception du système technique qui l’héberge qu’au niveau des usages qui en sont faits. A notre niveau, le refus de la gratuité et du trafic maximum, ainsi que le choix d’une information que nous considérons comme étant d’utilité publique constituent une modeste contribution, qui pourra s’étoffer à l’avenir via l’optimisation de notre écosystème numérique. Nous ne manquerons pas de vous en tenir informés.

 

 

 

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