Environnement

Solaire: les chercheurs de l’Université Savoie Mont Blanc à la porte de l’INES

Ce mercredi matin, les personnels des deux laboratoires rattachés à l’Université de Savoie travaillant sur le solaire,  n’ont pu emménager  dans le bâtiment Helios sur le campus de Savoie Technolac. La raison: un désaccord entre le CEA INES et l’Université.

 

Le Laboratoire d’Optimisation de la Conception et Ingénierie de l’Environnement (LOCIE) et le Laboratoire d’Électrochimie et de Physicochimie des Matériaux et des Interfaces (LEPMI) sont dfeux laboratoires rattachés à l’Université de Savoie qui mènent des recherches sur l’énergie solaire. Les chercheurs et les personnels  devaient déménager ce mercredi matin dans un bâtiment, Hélios partagé avec l’INES. Le déménagement n’a pas été possible en raison de désaccord entre l’INES et l’Université.

Le Président de l’Université, lui,  s’est exprimé mardi,  en fin de matinée pour expliquer l’engagement de l’Université en faveur des énergies renouvelables, du solaire, du développement du territoire. Les personnels, explique un communiqué,  ont fait part de leur ” très grande inquiétude à la veille de la rentrée universitaire, leurs secrétariats, ressources pédagogiques et instruments de recherche n’étant plus opérationnels. ” Ils craignent que la situation dégénère avec l’arrivée des étudiants sur le campus, qui ne pourront pas être accueillis alors que l’Université enregistre, cette année encore, une hausse significative de ses effectifs.
L’INES – Institut national de l’énergie solaire – est né de la volonté d’élus de la Savoie, parmi lesquels Jean-Pierre Vial, alors président du Conseil général de la Savoie. L’Institut a été construit sur la technopole de Savoie Technolac, à deux pas de l’Université. Au milieu des années 2000, le Conseil général de la Savoie a décidé de construire un bâtiment d’un coût de 15 millions d’euros qui serait mis à la disposition des partenaires de l’INES. En 2009, par convention, a été décidé d’ajouter  un financement État-Région 2007-2013 de 5 millions d’euros dévolus à l’Université pour créer un centre de recherche rassemblant deux de ses laboratoires, le LOCIE et le LMOPS (devenu LEPMI), qui regroupent plus de 100 personnels de recherche. Le bâtiment commun HÉLIOS, livré le 22 mai 2013.
Une convention  a été signée en 2009  par le Préfet de la région Rhône-Alpes, le Recteur de l’académie de Grenoble et le premier Vice-Président pour le Conseil général de la Savoie  prévoit que l’occupation par l’Université « se traduira notamment par une contribution financière de l’Université au fonctionnement du bâtiment qui ne pourra être supérieure à ce qui est envisageable pour une construction isolée. » Le Conseil général propriétaire du bâtiment, en a confié au CEA l’exploitation mais conserve la responsabilité du propriétaire.
L’Université estime que la collectivité est tenue par ses engagements de 2009 à l’égard de l’Université. Pour cette dernière, toutes les objections ont été levées, sauf une : le règlement des frais de fonctionnement. Le CEA, explique l’Université, ” sur la base d’une convention signée avec Jean-Pierre Vial, exige de l’Université un paiement de charges très élevées, largement supérieures aux coûts habituellement observés, et en contradiction avec la convention de 2009. En effet, alors que son coût de fonctionnement moyen observé par mètre carré est inférieur à 50 euros, une somme moyenne quatre à six fois supérieure lui est demandée, sans assurance de ne pas devoir assumer d’autres dérapages supplémentaires à l’avenir.”

L’Université se tourne donc vers le Conseil général . ” Pourquoi le Conseil général de la Savoie ne fait-il pas honorer la convention signée en 2009 avec les représentants de l’État ? Pourquoi, sur fond de réformes académiques et territoriales en cours, un élu responsable de l’enseignement supérieur au sein du Conseil général de la Savoie ne soutient-il pas l’Université Savoie Mont Blanc ? Pourquoi ne pas faciliter le rapprochement des forces de recherche dans le domaine du solaire sur le site de Savoie Technolac, au risque de remettre en cause une collaboration prometteuse ?  L’Université Savoie Mont Blanc invite publiquement le Conseil général de la Savoie à autoriser sans plus attendre les personnels de l’Université à entrer dans le bâtiment HÉLIOS, aux conditions fixées par la convention d’occupation des locaux signée en 2009.

michel.deprost@enviscope.com

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