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Superalp’ ou comment se déplacer autrement dans les Alpes

“C’est possible, regardez, on le fait !” Tel pourrait être le mot d’ordre de ralliement des organisateurs de Superalp’, une drôle de manifestation au nom de super héros qui cherche pourtant modestement à sensibiliser les populations alpines aux modes de déplacements doux en montagne.

Sont invités à faire partie du convoi qui fera étape en France, en Suisse, en Autriche et en Italie, diverses personnalités issues de la société civile ou politique, à la rencontre des populations locales, des élus des villes étape, de personnes travaillant dans le champs du développement durable. En huit jours, ce trajet qui ne s’effectuera qu’en modes de déplacements dits “doux”, sera l’occasion de découvrir les différents moyens, notamment locaux, d’anticiper et de construire un avenir “porteur d’espoir” et de solutions viables économiquement et efficaces pour lutter contre le réchauffement climatique.

Un signal d’alerte

Les objectifs de ce voyage sont multiples. Il vise à faire connaître l’offre existante bien sûr, les initiatives et les moyens mis en place par les différents pays (la Suisse est dans ce domaine le meilleur guide avec une excellente offre de services et d’accès à l’information), comme les points à développer et les organisations à mettre en place. En filigrane, on y lit la volonté d’alerter les pouvoirs publics sur les insuffisances manifestes des modes de transport doux en montagne, et sur la manière dont ces insuffisances continuent à encourager l’usage de la voiture. Superalp’ met ainsi le doigt sur la logique d’un aménagement de la montagne encore trop tournée vers l’équipement routier.

De l’organisation et de l’information

L’organisation et l’information des journées Superalp’ seront l’occasion de pointer aussi les nécessaires avancées à réaliser en termes… d’organisation et d’information ! Interrogé, Alexandre Mignotte de CIPRA France (Commission internationale pour la protection des Alpes) souligne l’absence aujourd’hui de coordination entre transporteurs et pouvoirs publics, comme de véritable information mise en place par les opérateurs de transports et les lacunes de communication entre opérateurs touristiques et opérateurs de transport. “Un des gros points à travailler est l’accès à l’information des transports en commun pour le grand public. Aujourd’hui tout cela manque de simplicité. On peut s’inspirer de l’exemple suisse qui sur un seul site Internet, donne accès à toute la chaîne d’information. De chez vous à votre destination, vous pouvez connaître tous les horaires et arrêts de tous les moyens que vous emprunterez (bus, train, etc), et n’avoir besoin de plus qu’un seul billet pour effectuer tout le trajet ! Ce système d’offres combinée est donc possible mais nécessite une vraie prise en main politique et économique.” Une façon de rappeler que le rôle des collectivités publiques est de continuer à assurer le service public, de se doter de services de prospection et de mettre en place les conditions d’une bonne coordination générale.

Site de la convention Alpine : http://www.alpconv.org/index

et de Superalp’ : http://www.alpconv.org/SuperAlp.htm

Voir tout particulièrement le rapport de la convention Alpine sur “Transport et mobilité dans les Alpes” : http://www.alpconv.org/NR/rdonlyres/EFBC8EF3-5C15-42C6-AFB5-0BA3241A870A/0/RSA_fr_20071128_low.pdf

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