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Cadmium : l’ANSES recommande d’augmenter la part des légumineuses dans l’alimentation

 Pour réduire les risques liés au Cadmium l’Agence nationale de Sécurité environnementale et sanitaire recommande d’agir dès à présent à la source de la contamination des sols. Dès maintenant les consommateurs doivent réduire la consommation de produits contenant de la farine, en augmentant la part des légumineuses dans leur alimentation.

L’Anses confirme une surexposition de la population française au cadmium par l’alimentation dans une nouvelle expertise. Cette expertise a évalué l’ensemble des sources et voies d’exposition  au métal tout au long de la vie. La surexposition identifiée est expliquée en grande partie par la présence de cadmium dans une diversité d’aliments du quotidien présence liée à la contamination des sols agricoles où ils sont produits.

Pour freiner cette surexposition  » préoccupante » , l’Agence identifie plusieurs leviers d’action permettant de réduire la contamination des denrées. Elle recommande en premier lieu «  d’appliquer dès que possible des valeurs limites en cadmium pour les matières fertilisantes épandues sur les sols agricoles, en particulier pour les engrais minéraux phosphatés. »

Une exposition diffuse touchant une grande variété d’aliments de notre quotidien

Les données les plus récentes  confirment  » une situation préoccupante liée aux expositions au cadmium de la population française » . La dernière étude nationale de biosurveillance (ESTEBAN), publiée par Santé publique France en 2021  sur des données de 2014-2016 montre des niveaux d’imprégnation en cadmium plus élevés que l’enquête précédente , une étude nationale nutrition et santé 2006-2007). Plus récemment, la troisième étude de l’alimentation totale (EAT3) de l’Anses, met aussi en évidence des expositions alimentaires toujours élevées pour une part de la population des enfants et dans une moindre mesure des adultes.

L’expertise de l’Anses a permis de simuler les imprégnations actuelles de la population française en considérant l’accumulation du cadmium dans l’organisme tout au long de la vie. Les résultats confirment qu’une part significative de la population dépasse les valeurs sanitaires de référence élaborées par l’Agence. Il s’agit des valeurs sanitaires repères biologiques (sang, urines) par tranche d’âge, ce qui correspond à une imprégnation à ne pas dépasser à l’âge de 60 ans, compte-tenu du caractère bioaccumulable du cadmium.

Des effets néfastes à terme

« Si les niveaux d’expositions actuels se maintiennent et qu’aucune action n’est mise en place, des effets néfastes à terme sont probables pour une part croissante de la population » explique Géraldine Carne, coordinatrice de l’expertise à l’Anses.

L’Anses a étudié l’ensemble des sources d’expositions possibles : alimentation, eau, air, poussières, sol, produits cosmétiques, tabagisme et les différentes voies d’exposition (ingestion, inhalation, cutanée). L’alimentation est de loin la source majeure d’exposition, représentant jusqu’à 98 % de l’imprégnation au cadmium dans la population non fumeuse. Les aliments les plus contributeurs sont des produits fréquemment consommés et contaminés par le cadmium, notamment certains produits céréaliers : céréales du petit-déjeuner, pains et produits de panification sèche, viennoiseries, pâtisseries, gâteaux et biscuits sucrés, pâtes, riz et blé , pommes de terre et certains légumes. Chez les fumeurs, le tabac constitue une source supplémentaire d’imprégnation au cadmium.

Appliquer des valeurs limites pour les matières fertilisantes

L’analyse approfondie des sources d’exposition, complétée par une analyse socio-économique, a permis d’identifier les actions prioritaires.

Il faut agir avant tout à la source de la contamination des aliments, liée en grande partie à la présence de cadmium dans les sols agricoles due notamment de l’utilisation de matières fertilisantes, en particulier des engrais minéraux phosphatés. En France, leur utilisation importante, associée à certaines sources d’approvisionnement pouvant présenter des teneurs élevées en cadmium, contribuent à l’accumulation du cadmium dans le sol.

L’Anses appelle à  » appliquer dès que possible des valeurs limites en cadmium pour les matières fertilisantes permettant de maîtriser la pollution des sols agricoles, la contamination des denrées et, à terme, de diminuer l’exposition alimentaire de la population. »

L’Agence rappelle les valeurs qu’elle a recommandées en 2019 pour les matières fertilisantes : ne pas dépasser un flux d’apport de 2 g de cadmium par hectare et par an. Pour respecter ce seuil, une teneur maximale de 20 mg de cadmium par kilogramme de P₂O₅ dans les produits de type engrais minéraux phosphatés est recommandée.

Plusieurs leviers

L’Agence recommande le recours à des sources d’approvisionnement en roche phosphatée ou produits dérivés contenant moins de cadmium. Lorsque cela n’est pas possible est recommandée la mise en œuvre de procédés de décadmiation, tout en s’assurant de la qualité des engrais obtenus. L’Agence recommande aussi la révision de l’étiquetage des engrais, en mentionnant leur teneur en cadmium.

Nouvelles pratiques agricoles

Par ailleurs, l’Anses soutient  la promotion de nouvelles pratiques agricoles : ajustement du type et des quantités des matières fertilisantes en fonction des sols et des cultures,  techniques permettant de mobiliser le phosphore déjà présent dans les sols pour éviter de nouveaux apports , culture de variétés moins accumulatrices en cadmium.

Ces actions supposent un engagement de l’ensemble des acteurs pour faire évoluer la réglementation, accompagner les acteurs agricoles et renforcer le suivi de l’évolution des teneurs en cadmium dans les matières fertilisantes grâce notamment à une base de données nationale de suivi.

Il faut aussi agir sur l’offre alimentaire incluant les produits importés. Elle recommande de revoir à moyen terme les teneurs maximums en cadmium pour les aliments les plus forts contributeurs à l’exposition pour réduire l’exposition globale de la population indépendamment de leur provenance.

Conseils au consommateur 

Enfin, le respect des repères de consommations élaborés par l’Anses dans le cadre du Plan national nutrition et santé peut contribuer, en partie, à réduire le niveau des expositions tout en ayant des bénéficies nutritionnels. Il est recommandé de limiter la consommation de produits à base de blé sucrés et salés, tels que les céréales du petit-déjeuner, gâteaux, biscuits, Il convient d’introduire plus de légumineuses dans les repas à la place des aliments à base de blé comme les pâtes.

En savoir plus

>> Avis et rapport de l’Anses relatifs à la priorisation des leviers d’action pour réduire l’imprégnation de la population française au cadmium selon une approche d’exposition agrégée 

 

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