Au CNRS, après les médailles de bronze et d’argent révélées en avril les lauréats de la médaille de cristal et du cristal collectif sont connus. Tous les lauréats qui recevront leur distinction à Lyon le 15 décembre : une médaille de cristal, un cristal collectif, deux médailles de bronze et deux médailles d’argent. Un cristal collectif impliquant 3 lauréates locales sera remis à Paris fin 2026.

Lesly Fornoni, Chargée de mission en éthique et réglementation au Centre de recherche en neurosciences de Lyon (CRNL, CNRS/Inserm/Lyon 1 Université/Université Jean Monnet), assistante ingénieure de Lyon 1 Université. Le sujet de Lesly Fornoni est à la fois très sensible et essentiel en neurosciences – sa spécialité – comme dans bien d’autres disciplines : les expérimentations sur et avec des humains. Qu’elles soient intrusives ou pas, elles doivent absolument respecter un ensemble de règles dont on comprend bien l’importance. Lesly est devenue une référence dans ce domaine, bien au-delà des murs du Centre de recherche en neurosciences de Lyon, son laboratoire, l’un des plus importants en France dans ce domaine.
Cristal collectif pour le Laboratoire de biométrie et biologie évolutive
Le cristal collectif distingue des groupes portant des projets d’appui à la recherche. Le collectif « Suivis longitudinaux » dans le domaine de l’écologie est formé par les équipes du Laboratoire de biométrie et biologie évolutive (LBBE, CNRS/Lyon 1 Université/VetAgro Sup). Ce collectif est formé de Nicolas Blache, Nelly Burlet, Hugo Chignec, François Debias, Rebecca Garcia, Marine Hoareau, Lionel Humblot, Paul Revelli, Benjamin Rey et Bruno Spataro. Ce collectif assure la continuité de suivis écologiques de peuplements d’arbres et de populations naturelles de mammifères et d’oiseaux vivant dans des milieux variés, telles que les marmottes alpines, les chevreuils, les sangliers, les cincles plongeurs. Ces suivis durent pour certains depuis plus de trente-cinq ans. Structurées et sécurisées sur le long terme, les données de terrain produites permettent de comprendre la dynamique de population des espèces, leur éco-épidémiologie, les réponses comportementales et physiologiques, face au changement climatique, à la pollution, à l’érosion de la biodiversité liée aux activités anthropiques (chasse, déplacements routiers, etc.).
Cristal collectif pour le projet « Cartopro’RH »
Ce projet implique des personnes réparties sur plusieurs sites en France. Il a été conçu pour simplifier et sécuriser les activités quotidiennes de gestion et de pilotage des personnels des laboratoires de recherche et faciliter l’exploitation des données afférentes. Parmi les 9 lauréats de ce collectif, 3 personnes travaillent à la délégation régionale CNRS Rhône Auvergne : Virginie Farré, Charlotte Glesser et Nelly Hugon. La distinction sera remise à Paris fin 2026
Médailles de bronze

Une médaille de bronze récompense le premier travail d’une chercheuse ou d’un chercheur prometteur dans son domaine. Lucien Derainne est enseignant-chercheur de l’Université Jean Monnet de Saint-Étienne, membre de l’Institut d’histoire des représentations et des idées dans les modernités (Ihrim, CNRS/ENS de Lyon/UCA/UJM/Lyon 2/Lyon 3). Lucien Derainne s’intéresse aux liens et influences croisées entre littérature et histoire des sciences, en particulier les façons dont la littérature évoque la science ou les procédés de la science. Les XVIIIe et XIXe siècles constituent sa période de prédilection. En particulier « le moment 1800 », en constitue la jonction : c’est le moment où la littérature et les sciences se séparent, où se mettent en place les normes scientifiques modernes. Outre de nombreuses publications universitaires et une charge d’enseignement, Lucien Derainne s’attache à diffuser auprès du grand public ses résultats de recherche.

Chercheuse INRAE au laboratoire Reproduction et développement des plantes (RDP, CNRS/ENS de Lyon/INRAE) Charlotte Kirchhelle étudie la manière dont les plantes construisent des organes aux formes stables et reproductibles. Sa réponse passe par un objet longtemps négligé : les arêtes des cellules qui concentrent les contraintes mécaniques. Son équipe a montré qu’elles sont des lieux actifs. Certaines protéines s’y accumulent, détectent le stress mécanique et coordonnent la croissance cellulaire.
Sans ce mécanisme, les tissus se désorganisent. Plus surprenant : d’autres protéines clés pour le maintien du cytosquelette se concentrent également aux arêtes. L’hypothèse en cours est que la géométrie et les forces physiques suffiraient à les y pousser, sans instruction biologique explicite. De tels mécanismes ne se limiteraient pas aux plantes, mais pourraient exister à travers tout l’arbre du vivant. De quoi suggérer que la physique contribue elle aussi à organiser le vivant.
