Environnement

Le secteur du tourisme en Rhône-Alpes attend une clientèle ” franco-française”

La conjoncture économique pourrait avoir des effets atténués sur la filière touristique en Rhône-Alpes.


L’année 2008 en partie marquée par la crise a donné de bons résultats, présenté ce mercredi par Hervé Saulignac, président de Rhône-Alpes Tourisme. Rhône-Alpes a enregistré 154 millions de nuitées, dont 124 millions d’hôtes extérieurs à la région,ce qui place Rhône-Alpes en deuxième position derrière Provence Alpes Côte d’Azur au classement des régions françaises. La fréquentation touristique a augmenté en 2008. Elle a aussi augmenté pendant le dernier hiver, grâce à un enneigement très satisfaisant.


En en ce début d’été, les perspectives restent globalement positives, car les touristes français devraient remplacer une bonne partie des touristes étrangers condamnés à restreindre leur budget » vacances ». C’est ce qui ressort de l’enquête réalisée par Rhône-Alpes Tourisme et IPSOS auprès de 591 professionnels du tourisme de l’Ain, de la Loire, du Rhône et des secteurs de montagne.


Une société angoissée


L’enquête présentée ce mercredi, rappelle le contexte: société angoissée, précarisation de la classe moyenne, goût pour la gratuité, pour les « bons plans », force des marques, place généralisée d’Internet pour l’information, les réservations, les achats. Concrètement, les Français déclarent majoritairement aller moins au restaurant, moins sortir dans les bars, les cafés, moins voyager et moins partir en week-end. « Ce sont toutes les activités directement liées au secteur du tourisme » note Marc Béchet, directeur de Rhône-Alpes Tourisme


Plus de deux professionnels sur trois (64%) reconnaissent que la conjoncture a un impact sur leur activité. La moitiédes professionnel est « proactifs » et un tiers ont déjà pris des initiatives. Le mois de mai s’est traduit par une bonne fréquentation pour 56% des professionnels. Les établissements situés en bord de lacs, en zones rurales, les départements de la Loire et de l’Ain, ont connu une bonne fréquentation. L’hôtellerie est le secteur qui souffre le plus.


Pour l’été, les professionnels ont prévu de s’adapter en attendant une clientèle plutôt française. Les offres devront être globales, proposées à des prix serrés, parfois baissés, sans surprise, avec des animations mises en place localement, des cartes multi-activités, des forfaits à prix réduit, la gratuité de certaines activités.


La crise devrait favoriser aussi l’intérêt pour un tourisme régional, de proximité. C’est positif pour l’environnement. Ce sera l’occasion de retrouver, sans trop porter atteinte aux budgets familiaux, le sens du mot vacances. Etre en vacance, rappelle Hervé Saulignac, c’est rompre avec le quotidien, avec les soucis. Et c’est possible, sans aller au bout du monde.


michel.deprost@enviscope.com


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