Science

Un nanosatellite d’observation de la Terre mis au point à l’université de Grenoble

Observer la déforestation illégale, surveiller les émissions de CO2, évaluer des dommages suite à une catastrophe naturelle : ce sera le travail du nanosatellite QlevEr-Sat lancé en 2022 par le Centre spatial universitaire de Grenoble.

©CSUG

Observer les océans, les cours d’eau, les forêts, les zones polaires, urbaines ou désertiques,  suivre les agressions subies par ces milieux est un défi capital, qui requiert l’acquisition de données d’un volume numérique colossal. A l’heure où le nombre de satellites en opérations augmente fortement, encombrant par voie de conséquence le domaine radio disponible pour les communications, le choix du traitement embarqué s’avère capital. Le Centre spatial universitaire de Grenoble (CSUG) en collaboration avec l’Institut multidisciplinaire en intelligence artificielle (MIAI-UGA) et avec le soutien en mécénat(1) de la société Teledyne e2v. met actuellement au point un satellite capable de traiter l’information à son bord grâce à l’intelligence artificielle de façon à ne transmettre vers la Terre que le strict nécessaire.

Moins de bande passante

QlevEr-Sat (à prononcer « clever sat » pour satellite intelligent) intégrera une caméra d’une résolution de 10 m et un processeur capables de traiter au fil de l’eau, depuis l’espace, les images acquises grâce à des algorithmes avancés d’intelligence artificielle (IA). Ce montage permettra de fortement limiter la consommation d’énergie et la bande passante nécessaire aux communications avec la Terre : seuls les résultats des analyses seront transmis, au lieu des images elles-mêmes.

Pour une flexibilité accrue, les paramètres des algorithmes seront reconfigurables depuis la Terre. Le système sera maîtrisé de bout en bout par le CSUG : du capteur optique au processeur, fournis avec l’expertise associée via le mécénat de Teledyne e2v, en passant par la conception des algorithmes d’IA au sein de la chaire MIAI.

Le lancement du satellite est prévu début 2022.

Le Centre spatial universitaire de Grenoble

Le CSUG fédère les activités NewSpace de l’université Grenoble Alpes et de Grenoble INP-UGA. Il a comme ambition de développer des instruments spatiaux miniaturisés s’adaptant aux nanosatellites, de développer des formations impliquant les étudiants dans certains projets spatiaux, de rapprocher acteurs académiques et industriels du secteur. Il forme environ 120 étudiants par an de toutes disciplines et de tous niveaux aux évolutions du secteur spatial en se focalisant sur les aspects instruments spatiaux et utilisation des données. Le CSUG développe six instruments spatiaux pour des domaines variés : météorologie de l’espace, la communication quantique ou l’observation de la Terre. Le CSUG est soutenu par 6 mécènes industriels : Air Liquide, Teledyne e2v, Nicomatic, Lynred, Gorgy Timing, NPC Sysrem et EDF.

  1. La société Teledyne e2v, mécène du CSUG depuis 2016, a signé en mars 2020 une nouvelle convention de mécénat avec la Fondation UGA pour soutenir significativement ce projet.

VOIR AUSSI