Mobilité

Demain, des voitures rouleront au soleil

Aujourd’hui, des véhicules solaires ne fonctionnement que dans des conditions exceptionnelles. Ils filent sur les voies du parc technologique de Savoie Technolac (Le Bourget du Lac, Savoie) dans l’ambiance festive de Solar Event, ou sur des routes droites du désert australien. A bord de ces étranges machines de doux fous de techniques foncent à trente kilomètres à l’heure pendant six heures, avec quand même dans le réservoir des batteries de quoi avancer quand même si des cumulus obscurcissent le ciel ou si la nuit tombe.
Autant dire que les voitures  solaires relèvent de l’anecdote. Comme l’avion  cent pour cent solaire Solar Impulse ou comme des bateaux solaires.

Difficile d’imaginer que ces drôles de machines que l’on pilote inconfortablement couché parfois pourraient un jour entrer dans notre vie quotidienne. Mais on n’en n’est peut être pas si  loin. La voiture solaire n’est pas pour demain, elle est peut être pour après-demain.

Changer de point de vue

A condition de ne pas être aveuglé par un siècle et demi d’énergie fossile. Il suffit d’inverser la vision, d’accepter des ruptures, d’imaginer des transitions pour une mobilité renouvelable.
«  Un véhicule solaire ne va pas remplacer la voiture à moteur thermique telle que cette dernière est utilisée » avertit Lionel Serra, chef de l’équipe du Sun racer de l‘Institut National de l’Energie Solaire où ce passionné d’énergie propre est technicien.
La transition vers la mobilité en partie ou totalement solaire demandera plusieurs étapes. La voiture électrique devrait amorcer les changements dans les esprits. Les véhicules électriques, avec leurs avantages mais aussi leurs limites feront comprendre qu’on n’utilisera plus une voiture électrique comme une auto thermique. Ni pour les mêmes trajets, ni pour les mêmes usages, ni dans les mêmes circonstances.

Des usages presque domestiques

La voiture électrique, avec son autonomie limitée, sera surtout utilisée pour des usages urbains (flottes captives) des étapes courtes, par exemple 200 km. Pas question de parcourir 700 kilomètres avec un plein d’électricité.
Le véhicule partiellement solaire pourrait mettre ses roues dans celles de la voiture électrique. Puis il pourrait s’affranchir plus ou moins des batteries.
L’énergie photovoltaïque peut tout à fait être utilisée pour des engins légers destinés à des trajets courts, l’engin faisant le plein d’énergie pendant de courtes pauses. Un véhicule sera ainsi adapté pour des déplacements au sein de l’INES. On peut imaginer des véhicules urbains pour des livraisons, de la messagerie légère.

On peut imaginer des véhicules pour une personne, destinés à des usages professionnels sur des sites, en ville, voire dans la périphérie du domicile. Un véhicule solaire peu encombrant permettrait de se rendre, confortablement, de son domicile à la gare, au centre du quartier, de  réaliser de ces trajets courts si peu rentables et si polluants avec des ressources fossiles.

Jean-François Barret-Boisbertrand, président de l’Automobile Club de Savoie, imagine lui des véhicules, forcément monoplace, et destinés à des trajets courts, pour des personnes handicapées physiques, alimentés par l’énergie solaire.  Le véhicule solaire du 21 ème siècle n’est donc pas une fiction. Il faut l’imaginer et le construire.

michel.deprost@enviscope.com

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