Bioéconomie

300 essais en quatre ans démontrent l’efficacité du biocide bio d’Amoeba

AMOEBA producteur d’un biocide à base de l’amibe Willaertia magna C2c Makycapable a réalisé en quatre ans 300  essais  au champ, sur plusieurs continents. Ces essais ont montré l’efficacité du biocide sur un nombre croissant d’agents pathogènes  sur des cultures plus nombreuses.

      Avec plus de 120 essais au champ réalisés ou en cours en Europe, aux Etats-Unis, au Brésil, au Costa Rica et en Asie, la campagne d’essais en champ hiver 2021/ été 2022 est la plus importante jamais entreprise par Amoéba, entreprise basée à Chassieu, qui développe l’utilisation d’une amibe secrétant une substance biocide apte à détruire des agents biologique  nuisibles à des cultures.

      Quatre années d’expérimentation au champ, avec plus de 300 essais menés par Amoéba dans de nombreux pays apportent une solide connaissance des produits à base de lysat de Willaertia magna C2c Maky.

      Le spectre large, la capacité à contrôler de nombreuses maladies sur les cultures spécialisées mais aussi les grandes cultures, en climat tempéré et également en zones tropicales, le niveau de performance supérieur à celui des bio-fongicides disponibles sur le marché, permettent d’envisager un positionnement des produits d’Amoéba en alternative ou en complémentarité des fongicides chimiques, et notamment une substitution directe des deux plus importants fongicides de contact utilisés dans le monde, le mancozèbe et le chlorothalonil (déjà tous deux interdits en Europe), sur un certain nombre de cultures.

       Ces essais sont menés par des prestataires externes indépendants en petites parcelles sous référentiel BPE (Bonnes Pratiques d’Expérimentation) . Les objectifs sont multiples :  produire des données d’efficacité des futurs dossiers de demandes d’autorisation de mise sur le marché en Europe, au Brésil et en Californie ; évaluer les formulations sur de nouvelles cibles, en particulier les maladies des cultures tropicales, le pommier et certaines cultures maraichères; enfin mener des essais de positionnement en association ou en programmes avec d’autres fongicides (notamment sur la vigne, la pomme de terre, le blé, les cultures maraichères, le soja) préfigurant des expérimentations plus proches de la pratique.

         Deux formulations principales ont été testées suivant les cultures : une suspension concentrée et une dispersion huileuse.

Cultures / maladies déjà travaillées les années précédentes

Vigne / Blé / Pomme de terre Les essais 2022 ont  confirmé les doses choisies, en litre par hectare, pour les futures demandes d’AMM et d’accentuer les efforts de mise en pratique:

  • Vigne (mildiou et oïdium): 2,5 L/ha seul – 1,25 L/ha en association avec le cuivre
  • Pomme de terre (mildiou): 1,25 L/ha
  • Blé (selon les maladies): 1,25 à 2,5 L/ha selon les maladies

Cultures maraichères

      Une campagne de 27 essais a été menée en Europe du Sud et en Californie, en cours en Espagne et en Italie pour tester l’efficacité sur cultures maraichères. Contre mildious et oïdiums des cultures de plein champ (cucurbitacées, laitue) le produit a confirmé les bons résultats des années antérieures. Quasiment systématiquement, la performance est supérieure à celle des produits de biocontrôle mis en comparaison.

       Sur la tomate d’industrie, en plein champ destinée à la transformation, tous les essais menés au cœur de la principale zone de culture en Italie, ont confirmé le grand potentiel du produit. La solution d’Amoéba a démontré une efficacité similaire au cuivre contre le mildiou, en particulier pour la protection des fruits, en situation d’infestation moyennement forte. Il est ainsi possible dans un programme incluant 6 traitements, de remplacer 4 traitements de cuivre par la solution d’Amoéba sans impacter le niveau de protection (jusqu’à 80% d’efficacité sur les feuilles et 100% sur les fruits).

2 Cibles nouvelles / Cultures tempérées

Cultures maraichères sous serre . Contre les oïdiums des cultures sous serre (tomate et concombre), de très bons résultats ont été mesurés pour cette première année d’expérimentation en Grèce et en Italie. Parfois en retrait par rapport à la référence soufre, le produit apparaît systématiquement plus efficace que les produits de biocontrôle de référence (70% d’efficacité sur concombre par exemple, contre seulement 24% pour la référence).

Pommier. 2022 est marquée par le démarrage d’essais sur une nouvelle catégorie, les fruits, en particulier la pomme. Traitée jusqu’à 20 traitements par an en Europe et exposée aux résidus des produits chimiques, la pomme est un marché mondial toujours en quête de biofongicides. Deux essais contre la tavelure en France et en Italie sur  pommiers peu contaminés ont montré une activité forte en particulier sur les fruits, similaire au cuivre à sa plus forte dose testée.  Ce résultat sera confirmé en cas d’infestation plus sévère, sur ce marché important sans solutions naturelles à ce jour.

Gazon : Le premier essai réalisé contre la fusariose du gazon durant l’hiver 2021/2022 sur un parcours de golf en Italie a permis de mettre en évidence une efficacité de 50-60% avec les deux formulations. Cette performance est statistiquement identique à celle du fongicide chimique de référence.

Cibles nouvelles / Cultures tropicales

Le produit a été testé sur les plus grands marchés fongicides en zone tropicale.

Soja : Une dizaine d’essais conduits dans des états brésiliens visaient la rouille asiatique du soja, et un cortège de maladies dites « de fin de cycle » notamment la « target spot », la septoriose, la cercosporiose et l’oïdium. Une bonne efficacité a été observée avec les deux formulations testées à des doses relativement basses. Même dans les essais les plus contaminés, l’efficacité a été fréquemment similaire à celle du fongicide de référence (le chlorothalonil) très largement utilisé. En mélange, le produit complète bien la performance d’un fongicide chimique, ce qui en fait une combinaison très utile pour limiter l’apparition de souches résistantes de rouille, responsables de la baisse d’efficacité des fongicides chimiques les plus récents.

Dans l’un des essais les plus infestés, le meilleur traitement associait un fongicide chimique à la suspension concentrée d’Amoéba, statistiquement supérieure à toutes les références et autres associations (66% d’efficacité contre 40-45% pour les autres programmes). Une grande polyvalence contre toutes les maladies de fin de cycle a également été observée.

Bananier : Pour la première année, trois essais ont été conduits (Indonésie, Brésil, essai en cours au Costa Rica) contre  la cercosporiose noire dite Sigatoka. Dans les zones les plus pluvieuses, les bananiers sont traités toute l’année, une fois par semaine. Les résultats des deux premiers essais terminés montrent que les produits (en particulier avec la formulation OD dispersion huileuse) ont la même performance que le chlorothalonil (45% d’efficacité dans l’un, 95% dans l’autre), l’un des fongicides les plus utilisés sur cette culture. Ce fongicide ancien, interdit en Europe en 2019, le sera probablement à moyen terme dans de nombreux pays producteurs de banane.

Par ailleurs, un test in-vitro réalisé dans un laboratoire spécialisé au Costa Rica vient de montrer que les formulations d’amibe inhibent la germination des spores de Mycosphaerella fijiensis, ce qui est un avantage clé sur cette culture où les spores sont en permanence présentes dans l’environnement. Un potentiel important existe donc sur cette culture majeure où tous les acteurs recherchent des solutions non chimiques, alternatives ou complémentaires pour préserver l’environnement, réduire les résidus sur fruits et créer des associations avec les meilleurs fongicides chimiques afin de limiter le risque d’apparition de souches résistantes.

Le nombre d’essais va désormais être augmenté, afin de préciser la dose d’emploi et commencer à travailler l’intégration du produit dans les programmes annuels de traitements.

VOIR AUSSI