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Abandon de l’écotaxe, faute lourde

La suspension de l’écotaxe poids lourds est une catastrophe à plusieurs niveaux.

C’est une catastrophe car elle prive le financement des transports plus propres de moyens de financements. C’est dommage car pour une fois, une ressource devait être affectée à des objets précis, en l’occurrence le financement des infrastructures ferroviaires.

C’est une catastrophe sur le plan sanitaire. Un récent sondage d’Air Rhône-Alpes montre à quel point la pollution atmosphérique nuit à la santé. L’Agence Internationale de Recherche sur le Cancer a indiqué que les polluants atmosphériques, les particules, devaient être classés cancérogènes.

C’est une catastrophe en matière de gestion des fonds publics, car l’abandon entrainerait la perte des sommes dépensées et imposerait de verser des indemnités.

C’est une catastrophe politique car la taxe avait été votée par le Parlement à une écrasante majorité, droite et gauche confondues, dans le sillage du Grenelle. Seuls les Verts avaient voté contre trouvant le texte trop timide.

C’est une catastrophe car le France montre son incapacité à être compétitive sur le plan environnemental : la taxe existe dans de nombreux autres pays. Certes, l’abandon de la taxe allègera les charges sur les transporteurs et les chargeurs français, mais les camions étrangers important des marchandises en France ne paieront pas de taxe et les chargeurs étrangers ne paieront pas leur part des transports de marchandises en France.

Le problème n’est pas l’écotaxe, mais le rôle de bouc émissaire qu’on assigne à cette taxe spectaculaire qui se déploie avec portiques et autres équipement. Peut-être aurait-il fallu être plus économe, plus simple, avec un système de vignette forfaitaire.

L’écotaxe est victime d’un ras le bol fiscal justifié, alors que l’Etat et les Collectivités n’ont pas engagé de rationalisation de leur activité.

Il faudra un jour, reprendre le dossier de l’écotaxe.

michel.deprost@enviscope.com

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