Environnement

Activité économique: Rhône-Alpes dévisse

Plasturgie, textile,  métallurgie, bâtiment,  commerce, services, défaillances d’entreprises, commerce extérieur, emplois: presque tous les indicateurs de conjoncture du MEDEF Rhône-Alpes sont au rouge. Loin du discours cosmétique des instances économiques, politiques ou administratives régionales. Un élément à prendre en compte pour la transition écologique et énergétique.

Loin des propos lénifiants des institutions régionales en tous genres, le tableau des indicateurs conjoncturels publiés comme chaque trimestre par le MEDEF Rhône-Alpes, montrent que l’économie régionale dévisse.  Bernard Gaud, président du MEDEF Rhône-Alpes confirme les demandes pressantes du Medef national pour la mise en œuvre de réformes profondes.

Il faut d’abord souligner que le MEDEF Rhône-Alpes est le seul acteur régional a publié régulièrement en direction du public, des tableaux de bord qui le plus souvent restent affaires d’initiés pressés d’enjoliver la réalité ( 1) .

L’orage est là

Mais en cet automne, ce n’est pas l’horizon qui s’assombrit, c’est l’orage qui est là. Et cette situation sombre n’annonce rien de bon lorsque l’économie doit négocier les virages de la transition énergétique, de la rénovation du bâti, de l’investissement dans des infrastructures durable, dans la création de l’usine du futur.

L’industrie connait une activité globalement étale à des niveaux faibles, malgré une demande étrangère relativement soutenue. C’es la preuve que la compétitivité régionale s’est dégradée. Le chiffre d’affaires des industries manufacturières  a reculé de 0,3% au troisième trimestre.

Compétitivité en baisse

Le commerce extérieur régional semble durablement osciller autour d’un équilibre précaire. Au deuxième trimestre, le solde des exportations avait été négatif de 135 millions, il est redevenu positif de 212 millions. On est loin des excédents qui faisaient caracoler Rhône-Alpes en tête des régions performantes.

Aucune lueur de reprise ne se profile pour la métallurgie,  les industries mécaniques ont des carnets de commande maigres. La chimie  note une activité légèrement plus ferme, et  l’agro-alimentaire, entrevoir des progressions. Mais Près de 40% des entreprises de la plasturgie (Rhône-Alpes est la première région plasturgiste de France)  signalent une baisse d’activité. La consommation textile se tasse, mais les textiles techniques  pour l’aéronautique et la santé se portent bien!

La consommation des Rhône-Alpes stagne ou se replie. Mais ce qui est inquiétant c’est la situation du secteur de l’ingénierie. Le secteur d’abord un point fort de l’activité régionale. Il exporte du savoir faire. Il est très en amont des projets d’investissements notamment des entreprises. Les volumes de commandes restent très faibles signe que les investisseurs ont peu de projets pour l’année qui vient et même au delà.

Le bâtiment ne va pas du tout

La situation reste négative dans la construction, comme l’a rappelé Jacques Blanchet, président de la Fédération régionale du Bâtiment de Rhône-Alpes. Le secteur a connue une novelle baisse de 2% au troisième trimestre et les mise en chantiers de logement devraient être au plus bas depuis quinze ans. C’est évidemment très mauvais signe pour la mutation du parc de logements vers un habitat plus sobre. La rénovation elle-même se porte mal, ce qui confirme les difficultés qu’il y aura à améliorer l’efficacité énergétique du bâti.

Ces indicateurs ne montrent pas simplement le passage d’une averse, ou d’un gros orage. Le mauvais temps s’installe durablement. Les défaillances d’entreprises repartent à la hausse et Rhône-Alpes est même au troisième trimestre le ” plus mauvais élève” des régions françaises au troisième trimestre. La création d’entreprises recule aussi de 3,4% sur un an, seuls les auto-entrepreneurs étant en progression. Or les auto entrepreneurs ne créent souvent que leur propre emploi!

Résultat, le chômage a augmenté de 6% sur un an avec 478 000 Rhônalpins à la recherche d’un emploi, à temps complet ou non.

michel.deprost@enviscope.com

1) Les cantons suisses publient eux-mêmes directement des statistiques sur le marché du travail. Il serait normal que les Régions, qui aspirent à davantage de compétences en matière économique et en matière d’emploi s’emparent de cette vigilance sur la conjoncture.

 

 

 

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