Bioéconomie

BASF Agro : l’agriculture ne peut se passer de molécules de synthèse

La réduction systèmatique des phytosanitaires, sans études d’impact sur l’agriculture est une erreur. Les techniques de bio-contrôle, développées aussi par Basf Agro, ne peuvent à elles seules venir à bout de problèmes émergents comme les champignons.  C’est ce que rappelle Jean Marc Petat Directeur de la communication corporate et affaires publiques de BASF en France et du Business center West, c’est à dire la France & Benelux.

BASF, dont AGRO est une division, marque cette année ses 150 ans ?

BASF a décidé pour ses 150 ans, de marquer à la fois la propre histoire, mais aussi une nouvelle étape pour développer ses relations avec les parties prenantes, le monde scientifique, les agriculteurs, les organisations non gouvernementales, le grand public. Cette action s’étend sur trois domaines, l’alimentation, la vie en ville et les énergies intelligentes.

Pour l’alimentation, l’enjeu est de voir comment il sera possible de nourrir neuf milliards de personnes en 2050, en leur assurant une nourriture de qualité. Cela passe par la lutte contre le gaspillage alimentaire, mais aussi par l’amélioration de la production agricole.

En 2050 plus de 70 % de la population mondiale vivra en ville. Le développement rapide des villes accentue les défis sociaux, environnementaux et économiques, tels que l’alimentation en eau douce, la gestion des déchets, l’efficacité des transports et l’accessibilité des logements. Là aussi la chimie devra apporter des solutions.

La montée en flèche de la demande énergétique est l’un des problèmes les plus urgents à résoudre sur la planète. Une utilisation plus intelligente de l’énergie suppose d’améliorer l’efficience de l’énergie provenant des sources renouvelables comme le vent et le soleil, d’accroître l’efficacité énergétique et d’améliorer le stockage et le transport de l’énergie.

Le débat est-il facile ?

Le débat n’est pas facile en France, il est en tous les cas beaucoup plus difficile que dans d’autres pays et plus difficile qu’en Allemagne. C’est par exemple le cas sur les nanotechnologies, un secteur dans lequel nous avons signé en Allemagne, un accord avec une agence publique de recherche sur l’environnement. Cet accord n’a pas été critiqué en Allemagne mais a entrainé quelques commentaires négatifs dans la presse en France.

Le gouvernement français a relancé récemment un plan Eco Phyto ?

Ce nouveau plan qui comprend un objectif de réduction arbitraire, traduit une vision trop simpliste des enjeux. Il considère que les molécules de synthèse sont par essence impactantes pour l’environnement et pour la santé, et que le bio contrôle est une des seules solutions.

L’utilisation des pesticides a déjà largement diminué et c’est une erreur de laisser penser qu’il suffit de fixer des objectifs pour régler le problème.

Les solutions de bio contrôle que nous proposons aussi depuis plus de 25 ans ne suffiront pas à faire face à tous les problèmes de l’agriculture. Cette dernière est confrontée avec le changement climatique, à des phénomènes qui s’amplifient comme les maladies fongiques qui touchent particulièrement des secteurs comme l’arboriculture et la viticulture. Or les techniques de bio contrôle ne sont pas suffisamment efficaces contre certains parasites. On voit aussi les limites même de certains produits utilisés par l’agriculture biologique, à base de cuivre, qui posent des problèmes au niveau des sols.

Le risque est de mettre en place une agriculture non pas qui produise et qui exporte, mais une agriculture qui fasse du jardinage, alors que c’est un des secteurs dynamiques de l’économie française.

Pourquoi cette absence de prise en compte ?

Le problème est que l’administration ne produit pas d’études d’impacts qui permettraient de mesurer l’amélioration de l’utilisation des phytosanitaires sur la production agricole.

Comment BASF innove-t-il ?

BASF innove en valorisant les matériaux bio sourcés, nous avons ainsi mis au point deux matières plastiques, à base de maïs : ecovio® et ecoflex®

BASF est aussi engagé dans le dossier des abeilles ?

Pour l’apiculture, nous voyons que malgré l’absence de certaines molécules interdites depuis près d’une dizaine d’années, la crise demeure. Certains produits sont interdits mais les difficultés des abeilles sont toujours là. Ce qui montre que les phytosanitaires sont loin d’être les facteurs principaux expliquant les surmortalités des abeilles. Les autorités refusent de reconnaitre l’absence de problème posé par des produits élaborés par nos entreprises. Il y a une volonté de minimiser d’autres causes pour désigner nos produits comme responsables.

Recueilli par  michel.deprost@enviscope.com

 

 

 

 

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