Biomimétisme : ce que peuvent nous apprendre les pucerons

L’étude de pucerons ennemis de nombreuses cultures permet de mieux connaître leur appareil buccal complexe, un outil qui pourrait aider à imaginer de nouveaux outils de perçage.

Christophe Menezo ( à gauche) et Yvan Rahbé , ont évoqué des démarches biomimétiques lors de la conférence IESF du 12 juin ( photo Enviscope)
Christophe Menezo ( à gauche) et Yvan Rahbé , ont évoqué des démarches biomimétiques lors de la conférence IESF du 12 juin –  ©Enviscope

Yvan Rahbé, directeur de recherche à l’Inra travaille au sein du laboratoire mixte Inra-Insa de Lyon, UMR5240 CNRS Insa-Lyon MAP Microbiologie, Adaptation, Pathogénie.

Afin d’expliquer les mécanismes des “maladies” des végétaux et afin de trouver des méthodes de protection, la recherche agronomique, s’intéresse aux relations entre les végétaux et leurs ravageurs, dont font partie de nombreux insectes.

La relation critique entre insectes et végétaux prend place au moment où les insectes attaquent le végétal, par exemple en perçant le feuillage. La manière dont ils y parviennent est étudiée de près, car le puceron est armé d’outils précis.

Les chercheurs ont étudié l’appareil buccal avec lequel les pucerons forent de minuscules trous dans des végétaux pour aller chercher leur nourriture. Complexe, celui-ci est le résultat de millions d’années de sélection naturelle. Les recherches ont montré que lors du percement d’un végétal, le puceron peut aussi inoculer des virus. La connaissance de ce mécanisme biologique est particulièrement utile sur le plan de la lutte sanitaire.
L’étude de l’appareil buccal de pucerons a permis aussi de découvrir des capacités mécaniques très intéressantes. En effet, celui-ci ne perce pas simplement en ligne droite. Il est capable de pénétrer dans le végétal en tournant, en décrivant des coudes. Cette souplesse, cette capacité de s’adapter intéresse aussi les ingénieurs qui peuvent y trouver une inspiration pour concevoir des instruments chirurgicaux capables de suivre des chemins complexes en vue d’interventions de plus en plus précises… Les biologistes passent alors le relais aux ingénieurs.

Références Inra

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