Les opposants suisses à la centrale de Bugey, accélèrent le débat en saisissant la justice française.
En saisissant la justice française, les opposants genevois à la centrale de Bugey, accélèrent le débat en France sur le nucléaire. La plainte contre X déposée à Paris le 2 mars pour mise en danger de la vie d’autrui, arrive à un moment où la France hésite entre prolongation de la vie des réacteurs au delà de 40 ans et fermeture d’un tiers de la capacité de production d’ici 2020.
Certains des réacteurs de Bugey sont effectivement parmi les plus anciens. Ils ont bénéficié d’investissements importants de mise à niveau, mais les installations présentent des faiblesses. Le réacteur 5 de Bugey est ainsi à l’arrêt depuis le mois de septembre 2015 en raison d’un défaut de corrosion sur le blindage de l’enceinte de confinement qui oppose EDF et l’Autorité de Sûreté Nucléaire. Depuis six mois les spécialistes des deux entités ne sont pas d’accord sur la solution à apporter, mais c’est l’ASN qui a le dernier mot. Malgré les pertes économiques importantes, le réacteur 5 est à l’arrêt!
Le justice pourrait s’en mêler et dire à sa manière que l’installation n’est pas sûre et représente un risque potentiel. Il arrive que la justice l’emporte là où les spécialistes se disputent.
A Bugey comme à Fessenheim EDF parait affaiblie par la pression d’opposants frontaliers. Certes les Genevois refusent le nucléaire sur le territoire de leur canton, petit par la taille. Mais la Suisse, importe de l’électricité nucléaire. Et des intérêts suisses, Electricité de Laufenbourg, ont investi dans les réacteurs 2 et 3 de Bugey. Qui eux fonctionnent.