Loire

Chalmazel : l’extension de la station doit être plus étayée selon l’Autorité environnementale

        La station de sport d’hiver de Chalmazel, sur la commune de Chalmazel-Jeansagnière, dans les Monts du Forez prépare un projet d’extension. Dans un contexte de changement climatiques, avec raréfaction de la ressource en eau et augmentation des températures, l’Autorité environnementale demande des études plus approfondies aux porteurs du projet.

       La station de sports d’hiver de Chalmazel située en bordure sud-ouest de la commune, entre la plaine du Forez et la vallée de la Dore, entre 1 110 m et 1 640 m d’altitude s’étend sur environ 360 hectares.

       Le projet vise une modernisation et une extension de la station et du domaine skiable. Le projet concerne le bas de la station : réorganisation des espaces d’accueil et des bâtiments d’accueil, d’exploitation et d’activités, création d’un circuit de luge sur
rail, le domaine d’altitude (création d’un espace débutants) et le secteur de la piste des Granges (création d’une nouvelle piste et d’un parcours ludique)

       La maîtrise du foncier nécessaire impose une procédure de Déclaration d’Utilité Publique ( DUP) . Pour l’Autorité environnementale, les principaux enjeux consistent en :
les habitats et la biodiversité avec les znieff  ( Zones Naturelles d’INtérêt Ecologiques Floristiques et Faunistiques) et les espaces protégés ;
la ressource en eau en tête de bassin versant, dans un contexte d’évolution climatique accélérée ;
les paysages naturels ;
le changement climatique avec les consommations énergétiques et les émissions de gaz à effet de serre liées en particulier aux mobilités ;
l’adaptation du territoire au changement climatique.

        L’étude d’impact, estime l’Autorité environnementale, doit être complétée pour porter sur le projet d’ensemble avec ses trois phases opérationnelles et qu’il précise les aménagements prévus pour la première opération (première phase opérationnelle), leurs incidences sur l’environnement et les mesures Eviter, Réduire, Compenser.

         La description de l’état initial de l’environnement nécessite plusieurs compléments :
le milieu naturel : localisation des zones humides, des stations de bryophytes, des gîtes à chauves-souris et inventaires flore et faune des milieux aquatiques (ruisseaux) ;
le paysage : détermination de la visibilité des zones concernées par les aménagements projetés depuis les sites à enjeux environnants, localisation des sites classés ou en cours de classement au titre du paysage ;
l’adaptation au changement climatique : développement du descriptif de l’évolution de l’enneigement du site sur la période récente.

        Le choix d’augmenter la capacité de production de neige de culture dans un secteur de moyenne montagne doit être justifié, dans le contexte actuel d’augmentation des températures moyennes, de recul de l’enneigement, de raréfaction de la ressource en eau.
         L’analyse des impacts du projet est insuffisante et peu illustrée. Il est nécessaire d’étudier plus précisément les incidences sur le milieu naturel des secteurs concernés par les différents aménagements prévus, notamment pour justifier l’absence de demande de dérogation à l’atteinte aux espèces protégées. Il est nécessaire l’impact sur la qualité et la quantité de la ressource en eau restant disponible pour d’autres
usages du fait de l’augmentation de la capacité de stockage pour la production de neige de culture. Enfin, les études doivent l’insertion paysagère des aménagements projetés. Le dossier au vu de ses insuffisances doit être complété et représenté pour avis à l’Autorité environnementale avant toute présentation au public et délivrance d’une autorisation

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