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Chambre régionale des Comptes Auvergne-Rhône-Alpes: 53 milliards d’euros d’argent public sous contrôle

Soixante dix-huit Rapports d’observations définitives, 79 Rapports d’observations provisoires, 62 avis budgétaires : c’est le produit, pour 2025, du travail de fourmi de la Chambre régionale des Comptes d’Auvergne-Rhône-Alpes. La juridiction financière poursuit son  action de contrôle de l’usage fait dans la Région de l’argent public, notre argent à tous.

Un travail de l’ombre sur lequel Barbara Falk, présidente depuis un an de la Chambre  ,  a dirigé le projecteur lors de l’audience solennelle tenue ce jeudi matin au siège de la juridiction financière, dans le quartier de la Part-Dieu à Lyon. Un travail de  l’ombre , technique, mais indépendant, mené par 103 personnes :  41 magistrates et magistrats,  secondés par autant de vérificateurs et de vérificatrices, avec le soutien de 21 personnes pour l’administration.

53 milliards  des associations aux collectivités

Face à ces équipes un Himalaya de recettes et de dépenses publique: 7800 organismes,  de la Région aux associations ( 2000 en tout ) dès lors que ces dernières reçoivent plus de 1500 euros d’argent public, pour  53 milliard d’euros dont l’essentiel vient de l’impôt  payé par les habitants et les entreprises.

Les contrôles n’embrassent pas tout chaque année. La Chambre des Comptes a sa méthode,  son programme de contrôle, même partiel, pluriannuel sur les organismes qui disposent des budgets les plus importants . Et ce programme est de plus en plus ouvert aux questions voire soupçons des citoyens. La chambre reçoit  des courrier parfois abondants qui attirent l’attention  sur telle gestion souvent communale, sur tel service public, sur telle association. Si ces signalements paraissent dignes d’intérêt, les magistrats peuvent décider d’instruire le dossier, pour interroger le  maire, le président de telle ou telle société d’économie mixte ou de tel hôpital.

Point très positif, a souligné Barbara Falk, la  gestion de notre argent public s’améliore. Mais il y a encore des efforts à engager pour suivre les recommandations des rapports d’observations, dont seulement 52% sont rapidement mises en oeuvre, pour certaines recommandations, cela demande du temps.. . Mais les magistrats, respectueux des règles, qui décident toujours d’une manière collégiale, sont tenaces.

Des choix devant nous

Il reste encore beaucoup à faire. Par exemple pour que les élus locaux, évitant les conflits d’intérêt, respectent encore mieux les règles de la commande publique.

Il reste surtout à agir, probablement, à deux niveaux. Nos  34 000 communes sont la base complexe d’un Everest d’intercommunalités, de départements, de syndicats, d’agences, de Région, dont les compétences se superposent , s’entremêlent. Il y a encore des communes qui comptent moins de 100 habitants. Des communes issues de fusions qui n’ont pas toutes fait leurs preuves, des intercommunalités encore trop peu équipées pour prendre en charge des projets qui les dépassent.

Il faut surtout mieux gérer, car ,notre pays a face à lui plusieurs murs. Le mur du changement climatique qui pousse les communes de  montagne à sortir doucement l’industrie du ski, qui pousse les autres à rafraîchir des écoles primaires, dont elles supportent la charge au même  niveau que l’Etat ( qui lui “ne porte”  que les traitements des enseignants et de leur retraite).

Il y a le mur de la démographie : une population qui vieillit, le nombre des jeunes qui diminue.    Comment gérer des collèges avec une poignée d’élèves? Comment gérer les besoins en santé au quotidien? Comment aider le secteur des EHPAD  en péril financier silencieux, à faire face à l’explosion des besoins, à l’attractivité insuffisante de ses métiers, à l’explosion des coûts générés par l’envol du recours à l’intérim  alors que le secteur de l’aide à domicile est confronté à des difficultés du même type.

Les urgences ont changé. Les priorités notre société vont évoluer. Fini le temps des cigales. Ces défis imposent  des choix aussi face à  la dette de l’Etat, du pays qui n’est pas un mur, mais une falaise qui impose la plus grande vigilance financière et la plus grande rigueur.

michel.deprost redaction@enviscope.com

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