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Ethera et le groupe SEB investissent le marché chinois de la purification d’air

Le groupe SEB a intégré la technologie de cette jeune société grenobloise, spécialiste de la qualité de l’air intérieur, dans ses purificateurs d’air désormais en vente en Chine, à destination du grand public. Ethera vient d’installer son unité de fabrication à Grenoble.

Aux côtés des
Aux côtés de Sylvain Colomb, Thu-Hoa Tran-Thi et Yves Bigay, les trois créateurs d’Ethera, Frédéric Hammel, directeur général (à droite sur la photo) explique la genèse et la stratégie de l’entreprise. [Photo Enviscope]

Ethera existe depuis 4 ans et vient d’inaugurer son installation industrielle, dans ses locaux de Crolles dans la banlieue grenobloise.

Deux ministres étaient venus assister ce vendredi 23 janvier à l’événement, Geneviève Fioraso, secrétaire d’Etat à l’Enseignement supérieur et à la Recherche, qui a salué la persévérance d’Yves Bigay, un des trois créateurs d’Ethera, maintes fois croisé dans le TGV pour Paris et Thierry Mandon, récent secrétaire d’Etat à la Réforme de l’Etat et de la Simplification.

Ce n’est pas tous les jours en effet, que s’installe en France une entreprise industrielle.

Dans ses nouveaux locaux de 1500 m2 Ethera produit des granulés nanoporeux destinés à équiper des filtres de purificateurs d’air.

Produit en France, vendu en Chine

Les granulés sont produits sur place dans une unité de fabrication entièrement automatisée.

Un précurseur de la silice est mélangé dans un réacteur avec une molécule piège (celle qui captera les gaz polluants) et de l’eau. Le produit de la réaction forme un gel qui est étendu sur des tiroirs à structure en nids d’abeille. Le mélange (4 kg par cycle) est démoulé après séchage, donnant des granulés cylindrique. Une véritable dentelle de verre de 6 mm de haut par 3 mm de diamètre destinée à capter les gaz polluants.

Ce sont ces granulés, explique Bernard Dugelay, directeur Marketing stratégique de SEB, qui vont équiper les filtres des purificateurs d’air.

Les granulés d’Ethera, qui est donc partenaire de SEB, viennent en complément des autres filtres, qui récupèrent microparticules, acariens,… Ils permettent ainsi de piéger un des gaz polluants les plus dangereux de l’air intérieur, le formaldéhyde, dégagé notamment par les peintures et les colles utilisées dans les habitations.

En novembre 2014, SEB a démarré la commercialisation de ses purificateurs sur le marché chinois, en concurrence avec quelques 300 autres produits. Le marché est en très forte croissance. C’est en effet un enjeu clé en Asie (60% du marché mondial), où certaines villes très polluées constituent des marchés cibles très importants.

SEB projette le développement de cette technologie dès 2015 sur les marchés européens et américians.

Des kits de mesure de la pollution

Autre propriété du granule produit par Ethera, au fur et à mesure de son usage il se colore. Lorsque sa couleur devient foncée, celle-ci indique la saturation des granules et la nécessité de changer le filtre (tous les 3 à 6 mois selon le degré de pollution).

C’est cette évolution de la couleur qui est utilisée pour mesurer le niveau de pollution de l’air intérieur. La jeune entreprise équipe des kits enregistreurs de la qualité de l’air, qui permettent de faire de la mesure en direct et en continu de la qualité de l’air ambiant. Ces petits dispositifs s’adressent aux bâtiments tertiaires recevant du public, comme par exemple les écoles.

De la même façon Ethera développe le piégeage de la trichloramine, gaz présent notamment dans l’air intérieur des piscines. Les bébés y sont très sensibles, de même que les personnels longtemps exposés comme les maîtres-nageurs.

Ethera poursuit ses recherches pour être en mesure de s’attaquer à d’autres gaz polluants. Sept personnes, sur les 23 que compte actuellement l’entreprise sont basées sur le plateau de Saclay, pour mener ces recherches.

Ethera avait procédé en 2013 à une levée de fonds de 3 M€, pour permettre son développement actuel. Les dirigeants de l’entreprise prévoient un doublement des effectifs d’ici les prochaines années.

 

antoine.reboul@enviscope.com

 

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