Solaire

Développement du photovoltaïque : Hespul présente son scénario 2052 !

L’association Hespul  a raccordé il y a trente ans le première installation photovoltaïque au réseau. L’association reconnue au niveau national comme au niveau européen pour ses compétences et son rôle de pionnière, se projette en 2052, pour imaginer le résultat de son projet de développement du solaire électrique dans les trente prochaines années. Le texte suivant reprend l’essentiel du scénario d’énergie-fiction d’HESPUL.

L’association lyonnaise HESPUL raccordait le premier kilowatt photovoltaïque au réseau électrique français il y a 30 ans. Pionnière reconnu pour son expérience de terrain , pour ses compétences alliant militantisme et technique,  Hespul se projette sur les 30 prochaines années et présente sa « vision idéale » pour l’avenir de la filière en France.
Hespul présente un exercice non pas sous forme de scénario ” catastrophe”, mais un scénario ” idéal”, de solutions permettant la sortie par le haut des enjeux énergétiques.

Aujourd’hui, 14 juin 2052,  imagine le scénario d’Hespul, 60 ans jour pour jour après la mise en service du premier kilowatt photovoltaïque raccordé au réseau électrique en France une puissance cent-quarante millions de fois supérieure qui alimente ce dernier. Grâce à une politique ambitieuse de sobriété et des investissements massifs dans l’efficacité énergétique, la France consomme moitié moins d’énergie qu’en 2022.L’électrification de certains usages dans la mobilité (véhicules légers, vélo assistés…), le bâtiment (pompes à chaleur à haut rendement) et l’industrie (sidérurgie, process …) a entraîné un doublement de la part de l’électricité dans la consommation totale d’énergie (de 25% à 50% environ), mais une augmentation modérée en valeur absolue (+15 à +20%).”
Avec 140 GW installés, le photovoltaïque produit en 2052 170 TWh, un tiers du mix électrique  français, et plus de 15% de la production totale d’énergie du pays, en incluant les énergies non électriques! gaz, chaleur, biomasse, bois. ” Toutes les filières renouvelables, électriques, thermiques ou autres, se sont par ailleurs fortement développées en parallèle, si bien que l’approvisionnement énergétique de la France est désormais 100 % renouvelable.”

Les freins au photovoltaïque levés dans la décennie 2020-2030

Le scénario Hespul souligne la révolution en cours. Pensé pour aller du producteur vers le consommateur, le réseau a évolué sur les plans matériels et opérationnels. Il remplit en 2052 pleinement son rôle de collecte de la production : l’électricité circule désormais sans difficulté dans les deux sens, en s’adaptant  à la demande, ou en adaptant cette dernière à la production solaire.
Les délais et les coûts de raccordement ont été considérablement réduits grâce à la planification territoriale qui permet d’anticiper l’arrivée de nouveaux producteurs, à l’adaptation des règles techniques de raccordement et à la simplification des procédures. Les systèmes photovoltaïques fournissent en outre au réseau électrique des services-système et des moyens de flexibilité grâce aux fonctionnalités avancées des onduleurs qui les équipent, limitant ainsi les coûts d’adaptation du réseau et de mise en place de moyens de stockage pour compenser l’intermittence de la production.

Simplifications administratives

Pour permettre le développement du solaire, les procédures administratives ” ont connu un choc de simplification, sans rogner pour autant sur les exigences environnementales.”  L’homogénéisation des processus d’instruction par les services de l’État a réduit  la durée moyenne de développement des projets pour la rendre comparable à celle observée chez nos voisins européens. Un guichet unique pour les petits et moyens producteurs faciliter l’ensemble des démarches, depuis les demandes d’autorisation d’urbanisme jusqu’à la mise en service des installations.

Panneaux en toiture et en façade

La pose de panneaux  PV  en toiture ou en façade est systématiquement étudiée lors de travaux touchant à l’enveloppe des bâtiments en rénovation ou en construction neuve. Tous les bâtiments sont devenus « PV-ready » et peuvent accueillir du photovoltaïque sans travaux supplémentaires.

Formation professionnelle

La filière professionnelle porte un dispositif de formation diplômante clairement défini, transparent et collégial. L’obligation de qualification et la reconnaissance des compétences de tous les intervenants a en  2025 amélioré  la qualité globale des installations, fait disparaître le fléau des escroqueries au photovoltaïque qui avait miné le secteur entre 2005 et 2025 et de réduit quasiment à zéro l’abandon de projet en cours de route.

Une industrie photovoltaïque relocalisée en Europe

En 2052, Hespul a imaginé que l’Europe a  tiré ” rapidement”  les leçons de la crise géopolitique mondiale déclenchée en 2022 par l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Une partie significative de son Plan de relance a été consacrée à l’accélération du processus de relocalisation de son industrie photovoltaïque sur le continent.

Le marché européen est passé en quelques années de 18 à 45 GW de nouvelles installations par an. La production européenne de silicium de qualité photovoltaïque multipliée par trois est devenue largement excédentaire. Une dizaine de « giga-usines» ont été construites basées sur des technologies de rupture maîtrisées par l’industrie européenne comme l’hétérojonction, produisent la quasi-totalité des wafers, cellules et panneaux consommés sur le continent.

Les fabricants d’onduleurs ont retrouvé leur place de leaders mondiaux grâce à de gros efforts de R&D et de standardisation en étroite collaboration avec les gestionnaires des réseaux. Ces derniers ont compris tout le parti qu’ils pouvaient tirer de la révolution copernicienne que représente l’électronique de puissance : la notion de « réseau intelligent » a enfin pris tout son sens.

Des dizaines de milliers d’emplois dans les PME et TPE assurent un peu partout la conception, l’installation et l’exploitation des systèmes photovoltaïques. La filière participe à la création de valeur et d’emplois en France et en Europe. Ces avancées justifient les investissements publics qui ont stimulé l’éclosion de la filière depuis le début du XXIe siècle.

Une électricité bon marché et accessible à tous

Malgré la soudaine hausse des coûts liée à la crise de 2022, le photovoltaïque a repris sa trajectoire historique de baisse de son coût de revient. Il a confirmé sa place de source d’électricité la plus compétitive à l’échelle mondiale comme en France devant l’éolien terrestre et maritime. Grâce au déploiement massif de ces deux filières, le coût moyen de production du
kilowattheure a été maintenu à un niveau raisonnable en tenant compte des besoins de stockage et malgré les coûts liés à l’adaptation du réseau pour favoriser la collecte d’une production de plus en plus décentralisée. Cette stabilité structurelle des prix à un niveau relativement bas a contribué à sortir des millions de personnes de la précarité énergétique et
d’accéder à un confort de vie acceptable.

Gouvernance partagée entre citoyens, entreprises, collectivités,État

La possibilité d’investir dans les systèmes photovoltaïques et d’en tirer des bénéfices  pas été laissée aux seules grandes entreprises de l’énergie : les collectivités territoriales, le monde agricole, les entreprises de toutes tailles, les particuliers ont pris une part prépondérante du marché. L’État a  fixé des objectifs ambitieux et en assumant une mission de facilitateur. Il a mis en en place un cadre administratif simplifié encourageant la contribution de chaque territoire à la production d’énergie renouvelable. Ce sont toutefois principalement les collectivités territoriales, en lien direct avec les acteurs locaux, qui sont à la
manœuvre pour le développement des énergies renouvelables.

 

La structure de ses coûts, modérés et concentrés sur l’investissement initial, le rend accessible sans risque à tout un chacun. Il offre de ce fait l’opportunité pour l’épargne des ménages d’un placement populaire plein de sens et plus intéressant que le traditionnel Livret A. En 2052 , une part globale de plus de 20 % d’investissement citoyen dans les projets de moyenne et forte puissance, que ce soit en direct ou via des fonds dédiés sur le modèle d’Énergie Partagée créé en 2009.

Une filière toujours plus exemplaire sur le plan environnemental

Les réseaux électriques accueillent en  2052 une production photovoltaïque massive, issue pour moitié d’installations en toiture de petite et moyenne puissances dispersées sur l’ensemble du territoire, et pour moitié de parcs au sol prioritairement sur sites pollués, friches industrielles et délaissés d’infrastructures, ainsi que d’ombrières de parking.

Lorsque cela s’est avéré pertinent, les parcs au sol sur terrains naturels, agricoles ou forestiers ont fait l’objet, dans le cadre d’une réglementation rigoureuse visant à limiter strictement l’artificialisation des sols, d’une large concertation, d’études préalables poussées et d’un suivi attentif permettant de s’assurer du maintien, et même dans certains cas de l’amélioration, de
la biodiversité sur les parcelles concernées et aux alentours. Objet de beaucoup d’espoir au début des années 2020, l’agri-voltaïsme a trouvé sa place dans la palette des applications pertinentes. De multiples installations au sol ont ainsi été développées en synergie avec les activités agricoles, de manière non pas à s’y substituer, mais à y apporter un réel bénéfice agronomique.

Des performances environnementales améliorées

Déjà bas-carbone dans les années 2020, le photovoltaïque a poursuivi sa rapide évolution technologique. En améliorant  son bilan carbone et son empreinte matière, il est devenu – avec l’éolien – la technologie de production d’énergie la plus vertueuse. La mise en place de normes au niveau européen a permis de favoriser l’éco-conception des modules. Le recyclage, déjà significatif en 2022, s’est généralisé. Les matériaux issus des modules recyclés sont directement réutilisés pour en fabriquer de nouveaux.
En amont du recyclage, une filière de réemploi des modules et des onduleurs déposés mais encore performants a été créée à l’échelle nationale. Des ateliers de remise en état ont été ouverts dans toutes les régions françaises et des centaines d’emplois créés dans le domaine de l’ESS. Encadré par des normes adaptées et des certificats de qualité, ce marché secondaire offrant les
garanties nécessaires à ses clients est un bel exemple de sobriété.

VOIR AUSSI