Science

Efficacité énergétique : un nouveau mastère commun à trois écoles d’ingénieurs de Rhône-Alpes

Conçu en partenariat avec le département “building technologies” du groupe Siemens, largement investi dans le secteur de l’efficacité énergétique, ce mastère spécialisé (1) a pour objectif de former des cadres de haut niveau dans deux fonctions nouvelles, celle d’auditeur en efficacité énergétique du bâtiment, et celle de chef de projet en efficacité énergétique du bâtiment. Il existe en effet une importante demande pour ces métiers de la part des entreprises du bâtiment confrontées à la mis en oeuvre du “plan bâtiment” issu du Grenelle de l’Environnement. Ce plan impose notamment la réhabilitation énergétique de 800 000 logements sociaux d’ici 2020 (20% du parc), et hors secteurs social, la rénovation à compter de 2013 de 400 000 logements chaque année. Ce contexte en forte évolution fait émerger de nouveaux métiers, de nouveaux profils, et donc de nouveaux besoins en matière de formation et de compétences. Et les enjeux sont énormes, sachant que le secteur du bâtiment représente à lui seul 43 % de la consommation énergétique totale en France. Avec cette formation, les trois écoles veulent donc apporter une solution à un besoin exprimée initialement par Siemens ( le groupe a récemment évalué ses besoins dans ce domaine pour Sud-Est Europe à 48 personnes) mais partagé par de nombreuses entreprises acteurs de la rénovation énergétique du bâtiment, souvent de petite taille et manquant de cadres experts de ces questions stratégiques pour les décennies à venir.

450 h de cours et 18 mois en alternance

Ce mastère sera organisé en alternance sur 18 mois (1 semaine de cours académiques et trois semaines en entreprise pendant 12 mois, plus une mission finale de 6 mois en entreprise ), sur une base de 450 heures de cours académiques répartis en 3 modules : un module “techniques d’audit et de management de projet”, assuré principalement par l’ENSMSE, et 2 modules sur “enveloppe du bâtiment”, et “technologies et énergie durable” , dispensés par l’ENISE et l’ENTPE. Les cours seront répartis sur les sites des trois écoles rhônalpines, et même au delà puisque l’école des Mines de Douai fournira , dans le cadre du groupe des Ecoles des Mines, un cours d’architecture bioclimatique . Toutefois, afin de ne pas générer de déplacements et de rejets de gaz à effet de serre, ce cours sera dispensé depuis Douais par télé-enseignement et visioconférence.

Le coût du nouveau massière est de 7 000€ en candidature individuelle et 10 000€ en candidature prise en charge par une entreprise pour un de ses salariés, l’objectif , après une aide au démarrage fournie par le groupe Siemens, étant d’arriver très vite à un autofinancement. La première promotion démarrant en octobre prochain sera de 15 élèves, recrutés sur dossier et entretien. Alors que l’agrément n’a été accordé par la conférence des grandes écoles qu’en mars 2011, cinq candidats ont déjà été recrutés, dont 3 salariés de Siemens. Les porteurs du projets tablent sur une centaine de personnes ainsi formées dans les cinq ans à venir. Rhône-Alpes devrait ainsi conforter sa place de véritable plate-forme expérimentale de la construction durable en France , avec des acteurs de premier plan comme l’ institut de l’excellence décarbonnée qui va être financé par le grand emprunt dans le cadre du PRES de Lyon, les deux écoles d’architecture de Saint-Etienne et Lyon qui travaillent déjà sur ces thématiques, le pôle d’expérimentation en construction des Grands Ateliers de l’Isle d’Abeau ou le travail de recherche de haut niveau sur “design et usages” mené par la Cité du Design de Saint-Etienne. Renseignement et dossier d’inscription téléchargeable sur les sites des trois écoles.

H.C. / henricolomb@yahoo.fr

(1) les “mastères” spécialisés sont des formations post-ingénieur, agréés par la conférences des grandes écoles, différentes des “master” bac+4 (master1) et bac+5 (master 2) labellisés, eux, par le ministère de l’enseignement supérieur. Ces mastères s’adressent à des étudiants ou scientifiques de niveau bac + 5 (titre d’ingénieur ou master 2 scientifique) ou, par dérogation, à des salariés de niveau initial bac +4 (anciennes “maitrises”) mais possédant au moins 3 années de pratique professionnelle.

VOIR AUSSI