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Jacques Longuet : le prix du carbone doit être augmenté

Pour Jacques Longuet, Délégué régional EDF Auvergne Rhône-Alpes, la lutte contre le réchauffement climatique est prioritaire. Les énergies décarbonées doivent être développées. EDF mise sur le nucléaire et sa complémentarité avec les renouvelables, mais le prix du carbone doit être augmenté en Europe.

 

Jacques Longuet, Délégué régional EDF Auvergne-Rhône-Alpes ( photo EDF)
Jacques Longuet, Délégué régional EDF Auvergne-Rhône-Alpes ( photo EDF)

Le débat entre nucléaire et  renouvelables  va-t-il s’estomper avec une moindre politisation de la question?

Chacun se rend compte de l’urgence climatique, du réchauffement qui représente une grande menace pour l’humanité. La priorité est à la réduction des émissions de gaz à effet de serre pour éviter l’augmentation de 2 degrés de  la température moyenne au niveau de la planète en 2100  par rapport au niveau de l’époque préindustrielle.  L’accord de Paris  fixe comme objectif une  augmentation de 2  degrés  mais on ira plus vraisemblablement vers plus 4 degrés si on n’agit pas très fortement.

Pourquoi n’avance-t-on pas davantage ?

Dans l’esprit de beaucoup de nos concitoyens,  mais aussi d’élus, existe une confusion entre mix électrique et mix  énergétique. Or l’électricité ne représente que 23% de la consommation finale d’énergie de notre pays . Les principaux secteurs consommateurs d’énergie consomment des énergies fossiles émettrices de gaz à effet de serre. Il s’agit du secteur du bâtiment et du secteur des transports  qui recourent  au fioul,  au diesel , à l’essence d’origine fossile. L’industrie qui a consenti d’importants efforts ne représente que 18% de la consommation d’énergie finale.

Que faut-il faire en matière d’émissions ?

Il faut rappeler que l’électricité produite en France est à 96% décarbonée, grâce au nucléaire, mais aussi grâce à  l’hydraulique et aux autres énergies renouvelables, l’éolien et le photovoltaïque qui montent en régime. Il reste  quelques centrales au gaz, mais plus de centrales au charbon ou au fioul. Il reste du charbon pour des usages industriels et des chaufferies. Il faut donc substituer aux énergies fossiles des énergies décarbonées, soit  une électricité d’origine nucléaire, soit  une électricité d’origine renouvelable.

Comment faire ?

Il faut resituer le débat dans la durée en comprenant qu’en matière d’énergie, les décisions ne peuvent pas être prises quelques années seulement avant les investissements. Les orientations prises actuellement conditionnent les investissements à venir qui produiront  l’électricité dans plusieurs décennies.

 Il n’y a pas d’opposition entre nucléaire et renouvelables ?

Non,  on s’aperçoit de plus en plus que ces énergies sont non seulement dans le même sens en matière d’émission de gaz à effet de serre,  mais qu’elles  sont aussi complémentaires sur le plan technique. Les énergies renouvelables, éolien et solaire, sont en partie fatales. Les flux de vent de flux et de soleil , peuvent être prévus, mais ne peuvent  être ni stockés et ni maitrisés. Pour ces énergies, il faut trouver des modes de stockage  de  l’électricité produite. Le stockage est un enjeu énorme sur lequel tous les énergéticiens travaillent  EDF comme Total et bien d’autres. Nous n’en sommes qu’au début. On sait stocker dans des batteries de petites quantités d’énergie . Il  faut parvenir à des stockages de masse qui permettent de traverser le passage d’un nuage mais aussi de traverser les saisons.

 Quelles autres voies ?

Il faut aussi travailler sur de meilleurs rendements pour l’électrolyse de l’eau qui permet de séparer oxygène et hydrogène. On a travaillé pendant longtemps sur l’eau vaporisée à  900 degrés, on travaille actuellement sur une électrolyse de la vapeur à 500 degrés , mais les solutions industrielles ne sont pas prêtes avant quinze à  vingt ans.

 Ne faut-il pas travailler sur les stations de transfert d’énergie pas pompage, les STEP¨ ?

Il faudrait  effectivement travailler  sur cette voie, sans oublier que pour des STEP, il faut deux barrages situés l’un au dessous de l’autre. Un barrage supérieur dans lequel l’eau  est remontée par pompage  grâce à l’électricité lorsque cette dernière est moins chère sur le marché, pour être turbinée vers le barrage inférieur lorsque l’électricité est au plus cher. L’hydraulique présente l’intérêt de pouvoir démarrer rapidement pour répondre à une demande du gestionnaire du réseau de transport, RTE. De toutes les manières  en France il sera difficile d’aller au-delà des cinq sites actuellement équipés.

 Comment imaginer la coexistence entre renouvelables et nucléaire?
Pour les renouvelables, dans lesquelles EDF est très investie en France de comme à l’étranger, elles se développent  rapidement .EDF a inauguré  à la fin du mois de juin la plus grande centrale éolienne d’Auvergne Rhône-Alpes en Ardèche. Les renouvelables doivent surtout surmonter  l’obstacle du stockage pour atteindre 50% de la production  et de la consommation électrique.
Pour le nucléaire, il devra toujours représenter au moins 50%. Car comme on peut le dire, pour le soleil, il y a une éclipse tous les jours. Pour l’éolien, il n’y a parfois pas de vent. Il faut donc une production de base avec l‘électricité d’origine nucléaire.

Cela suppose dans les années qui viennent une évolution du parc. EDF a fortement investi dans la modernisation de son parc notamment après la catastrophe de Fukushima, en renforçant notamment les alimentations électriques de secours, en installant des diesels de secours.. L’évolution du parc sera progressive,  certains centrales fermeront, et de nouvelles centrales de type EPR , représentant  une puissance installée supérieure,  sont appelées à leur succéder  sur les mêmes sites. On ne construira pas de centrales sur des sites autres que les sites actuels.

L’enjeu est donc de produire davantage l’électricité pour de nouveaux usages ?

Il faut développer les nouveaux usages, par exemple dans le bâtiment et la mobilité, avec les véhicules électriques.  Il faut aller rapidement avec des incitations fortes de la part de l’Etat mais aussi des collectivités. Les Suédois sont en train de réussir cette mutation avec des primes incitant à l’achat de véhicules électriques. Il est impossible de penser que nos concitoyens seront des militants de l’énergie propre et du climat. Chacun, chaque famille se rend compte des limites de son budget et attend un retour rapide de son achat sur son propre budget.

Comment donner cette impulsion  alors que la taxe poids lourds n’a pas été adoptée par la France ?

Il est nécessaire d’augmenter le prix du carbone, de créer une taxe, non pas dans un seul pays mais au niveau européen. Cet outil renchérira le prix du carbone, rendra les énergies fossiles moins compétitives, et les énergies décarbonées, plus compétitives, avec l’espoir de ralentir le réchauffement du climat.

Recueilli par Michel Deprost

 

 

 

 

 

 

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