Bioéconomie

La Basse-cour Bio à Chaponnay : des volailles bio près du marché lyonnais

Comment se présente votre exploitation agricole ?

Miguel Ferriz : Nous avons démarré l’exploitation en 2009, directement en agriculture biologique. L’aventure a réellement commencé en 2008, mais il a fallu un an pour remettre en état les terrains. Nous avons racheté un camping désaffecté que l’on a transformé en ferme. Nous avons sept hectares en propriété, et sept autres en location. Nous élevons des poules, des pintades, des dindes. Nous élevions des lapins jusqu’à ce qu’ils se fassent manger par des chiens du voisinage. D’ailleurs, le risque quand on élève des animaux en agriculture biologique est qu’ils se fassent attaquer par des renards ou des fouines. Nous élevons les animaux jusqu’à l’abattage, avant de les commercialiser.

Pourquoi avez-vous choisi de pratiquer l’agriculture biologique ?

J’ai choisi de faire du bio dès le départ, car je ne supportait plus, et ne supporte toujours pas la « malle-bouffe » qui envahit nos assiettes. D’autre part, nous avons deux enfants à qui je souhaitais donner une alimentation saine, sans additifs. En outre, nous avons créé cette ferme pour être face au client, pour répondre mieux à ses attentes, et travailler sur des produits extra-frais. En effet, nous fonctionnons en AMAP (1). Par conséquent, nous ne possédons pas de stocks d’avance, nous tuons uniquement ce qui est vendu. Nous commercialisons juste après l’abattage. Ainsi, on commercialise les mardis-mercredis et vendredis-samedis ce que l’on a tué les lundis et jeudis. Mais nous ne vendons pas directement aux particuliers, car le temps passé à vendre, nous ne le passons pas à travailler. Nous travaillons en moyenne avec 3 500 animaux sur la ferme, dont 1 500 pondeuses.

Votre activité vous permet-elle de vivre correctement ?

Marie se consacre à plein temps à la ferme. Néanmoins, je suis obligé de travailler à côté, car notre activité ne nous permet pas de sortir de salaire. En effet, l’argent que nous gagnons, nous le réinvestissons pour améliorer la ferme. Il faut préciser qu’un éleveur qui fait de l’agriculture biologique est obligé de faire abattre ses animaux dans un laboratoire bio, sous peine de perdre sa certification et de ne plus pouvoir vendre des animaux en agriculture biologique. Cette réglementation a failli nous poser des problèmes. En effet, au début, nous faisions abattre nos animaux dans un laboratoire bio. Mais il a été racheté. Comme il n’y avait pas de laboratoire adéquat à proximité, des AMAP nous ont apporté un soutien financier, afin que nous puissions créer un abattoir à domicile. Nous avons eu besoin de 30 000 euros pour cette création. Une partie nous a été donné, le reste nous a été prêté.

jean-baptiste.jacquet@enviscope.com

(1) Le principe des AMAP (Association pour le maintien d’une agriculture paysanne) est que le consommateur paye d’avance, pour une saison de production.

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