Environnement

La croissance des renouvelables découple la croissance de consommation d’énergie

L’année record de l’énergie renouvelable contribue à découpler la croissance de l’économie mondiale et les émissions de CO2

Le Rapport d’évolution mondiale de l’énergie renouvelable de REN21, rendu public le 18 juin fait état d’une année 2014 record pour les installations éoliennes et photovoltaïques. Le rapport indique que de nouveaux pays ont adopté des objectifs sur les énergies renouvelables qui portent à 164 le nombre des pays engagés dans le développement de ces deux énergies.
Les renouvelables ont fourni en 2014 plus de 60 % des ajouts nets de capacité électrique mondiale.  Les objectifs sur les énergies renouvelables et les politiques d’appui ont hissé la croissance des technologies vertes, notamment solaires et éoliennes, à un seuil record en puissance installée . La puissance installée en 2014 a été  135 GW ce qui a porté la puissance installée à 1 712 GW, soit 8,5 % de plus qu’en 2013.

Une croissance de la production supérieure à la croissance des émissions de CO2

Malgré une croissance annuelle moyenne mondiale de la consommation énergétique d’1,5 % ces dernières années, et une croissance moyenne du Produit brut mondial, de 3 %, les émissions de carbone de 2014 ont été égales à celles de 2013. Pour la première fois depuis quarante ans, l’économie mondiale a progressé au même rythme que les émissions de CO2.

Ce découplage historique est permis selon le rapport REN 21 au fait que la Chine a davantage utilisé les ressources renouvelables. Les pays de l’OCDE ont de leur côté encouragé la promotion de l’efficacité énergétique et des énergies renouvelables. L’emploi dans le secteur des énergies renouvelables progresse puisque qu’en 2014, 7,7 millions de personnes ont directement ou indirectement travaillé dans ce secteur.

« Les énergies renouvelables et l’amélioration de l’efficacité énergétique sont essentielles à la limitation du réchauffement mondial à deux degrés Celsius et à la prévention des effets dangereux des changements climatiques », déclare le Président de REN21, Arthouros Zervos.
Les capacités mondiales éolienne, photovoltaïque et hydroélectriques ont augmenté de 128 GW en 2014 par rapport à 2013. Fin 2014 les énergies renouvelables représentaient 27,7 % de la capacité de production électrique mondiale, ce qui leur permettait d’assumer 22,8 % de la demande électrique mondiale. La capacité  photovoltaïque a été multipliée par 48 de 2004 (3,7 GW) à 2014 (177 GW) . La capacité éolienne a été presque multipliée par huit sur cette période, passant de 48 GW en 2004 à 370 GW en 2014.

Progression de 17% des raccordements

Les nouveaux investissements mondiaux dédiés à l’électricité verte et aux carburants renouvelables (qui excluent l’hydroélectricité d’une capacité supérieure à 50 MW) ont progressé de 17 % par rapport à 2013, à 270,2 milliards de dollars. Avec l’hydroélectricité de grande envergure, les nouveaux investissements dans l’électricité verte et les carburants renouvelables ont représenté 301 milliards de dollars. Les investissements mondiaux dans les capacités de renouvelable ont été plus de deux fois supérieurs à ceux effectués dans la capacité électrique  basée sur les combustibles fossiles.

Croissance rapide des pays en voie de développement

Les investissements dans les pays en développement ont progressé de 36 % en 2014 sur à 131,3 milliards de dollars. Le total des investissements dans les économies développées ont représenté 138,9 milliards de dollars en 2014, soit 3 % de plus seulement par rapport à 2013. La Chine a réalisé 63 % des investissements effectués dans les pays en développement tandis que le Chili, l’Indonésie, le Kenya, le Mexique, l’Afrique du Sud et la Turquie ont chacun investi plus d’1 milliard de dollars dans les renouvelables. La Chine, les États-Unis, le Japon, le Royaume-Uni et l’Allemagne  sont les plus importants investisseurs. Pour les investissements sur le  PIB par habitant, les premières places reviennent au Burundi, au Kenya, au Honduras, à la Jordanie et à l’Uruguay.

Encore des subventions pour les fossiles

La croissance des investissements dans les énergies renouvelables aurait été plus importante si les subventions annuelles aux carburants fossiles et à l’énergie nucléaire supérieures à 550 milliards de dollars, avaient été supprimées. ” Ces subventions maintiennent les prix de l’énergie de ces sources artificiellement bas, ce qui encourage le gaspillage et freine la concurrence entre les énergies renouvelables.” estime le rapport.

Pour Christine Lins, Secrétaire exécutive de REN21 : « La création de conditions équitables consoliderait l’élaboration et l’utilisation des technologies axées sur l’efficacité énergétique et les énergies renouvelables. La suppression, dans le monde, des subventions dédiées aux carburants fossiles et à l’énergie nucléaire mettrait en lumière le fait que les énergies renouvelables constituent l’option énergétique la plus économique ».

Rendu public le 18 juin (à l’adresse www.ren21.net/gsr), le Rapport d’évolution mondiale de l’énergie renouvelable de REN21, paraît pour la 10ème année consécutive. Il est la référence la plus citée à travers le monde pour le marché, l’industrie et les cadres politiques relatifs aux énergies renouvelables.

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