Bioéconomie

La Ferme Urbaine Lyonnaise, projet de maraichage urbain hors sol

Le projet Ferme Urbaine Lyonnaise, FUL veut faciliter la production de salades hors sol, dans des structures implantées en ville.

Les salades ont bien des racines, une belle couleur, sont produites localement, à deux pas des lieux de consommation. Leur culture a été  étroitement contrôlée pour adapter strictement la quantité d’eau et de nutriments à leurs besoins, en fonction de leur croissance. Le rendement serait de 70% supérieur au rendement de salades produites en terre, soumises à des risques biologiques et à des traitements chimiques.

Le projet de Ferme Urbain Lyonnaise (FUL) a été présenté ce jeudi à l’INSA de Lyon par Philippe Audubert, Didier Gaydou et Romain Corre, tous trois urbanistes, membres de l’agence NOTUS.

Tout a démarré lorsque nous avons commencé à travailler sur le projet de la Grande Muraille un bâtiment de logements de Clermont-Ferrand qui compte des centaines de logements. Le projet était un projet de réhabilitation, mais il a été question de lui donner une dimension sociale et humaine. ” explique Didier Gaydou. ” Nous avons eu l’idée d’utiliser la toiture pour proposer la mise en place de jardins, dans un quartier où il est impossible de créer des jardins partagés.

Notus ne sait pas si sa proposition sera retenue, mais les trois membres de l’agence se sont mobilisés non pas pour répondre à des demandes, mais pour mettre en place leur propre projet de maraichage urbain.

Un bâtiment léger

Le bâtiment, léger, peut être implanté au sol ou en toiture. Les graines de salades sont semées dans un substrat propre. La production est préservée des aléas climatiques, la température étant stabilisée par la récupération de l’énergie des immeubles voisins. La production par plateau est dix fois supérieure à la production en agriculture conventionnelle et les besoins en eau sont réduits de 90%. La culture hors sol n’émet aucun rejet dans l’environnement.

La réduction des coûts est aussi permise par la réduction des besoins en transports et en logistique qui représentent parfois, selon les promoteurs, 60% du coût final. Les circuits courts permettent aussi de livrer des produits plus frais et de cultiver des variétés plus nombreuses mêmes plus fragiles.

Une dimension humaine et sociale

Le projet a évidemment une dimension humaine et sociale. Il permet de créer le métier de maraicher urbain, ingénieur apte à piloter une installation complexe. Il s’inscrit dans une vision de la ville de demain: besoins alimentaires croissants, disparition du foncier près des métropoles. L’accroissement de la population entraine de besoin de sols agricoles toujours plus importants.

FUL entend proposer une solution que de nombreuses villes pourraient mettre en place. Le projet a donc une réelle dimension économique et technologique. Il est porté par la société FUL SA et s’appuie aussi sur des partenaires scientifiques, l’ISARA, Ecole d’ingénieurs en agronome et en agro-alimentaire qui va réaliser une étude de marché, et par l’INSA de Lyon, dont plusieurs départements ont été impliqués dans le projet. Celui-ci a pour partenaire le groupe Bonduelle, mais aussi Richel, spécialiste de la construction de serres, le Groupe Cesbron, spécialiste de la maitrise de l’énergie, et Cari, groupe de construction.

michel.deprost@enviscope.com

 

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