Environnement

L’ADEME simule une production électrique 100% renouvelables en 2050

L’Ademe a publié le 22 octobre une étude qui se veut une prospective technique pour voir les conditions d’un mix électrique 100% renouvelable. L’étude est scientifique, mais elle se veut seulement un exercice permettant aussi de cerner les difficultés de la prospective.

En 2013, l’ADEME publiait ses visions énergétiques et climatiques  pour 2030-2050 montrant des voies pour atteindre le facteur 4 en 2050, grâce à une division par  deux de la consommation énergétique et à un déploiement massif des renouvelables. Ces éléments, explique Bruno Lechevin, président de l’Agence, “ ont nourri les objectifs fixés par le Président de la République puis adoptés par le parlement dans la Loi sur la Transition énergétique en faveur de la croissance verte.

L’Ademe a publié le 22 octobre une étude d’exploration technique du déploiement des EnR au sein du mix électrique. Cette étude s’inspire des travaux du NREL (National Renewable Energy Laboratory des  USA) publié en 2012 sur un scenario 100 % renouvelables pour les Etats-Unis.

L’étude a évidemment des limites, rappelle le président de l’Agence. L’électricité ne représente qu’un quart de la consommation nationale d’énergie et les améliorations de la situation de la France résulteront d’une analyse globale et non de l’examen séparé des vecteurs électricité, gaz, produits pétroliers ou chaleur.

Un document prospectif

Bruno Lechevin est prudent. ” Une version intermédiaire, publiée il y a quelques mois, avait suscité intérêt mais aussi craintes et critiques : améliorée en termes de pédagogie et d’explications, et largement complétée par des analyses de sensibilité, cette étude est aujourd’hui aboutie et permet d’expliciter à la fois toutes les conditions d’un mix à 100 % EnR … et les limites inhérentes à ce type d’exercice !” L’étude  a aussi des limites techniques. Elle ne descend pas en dessous du pas horaire et ne prend pas en compte les moyens actuels.

L’ étude se veut un document scientifique à caractère prospectif et exploratoire et non pas d’un scenario politique. Les mix électriques envisagés restent théoriques car ils sont construits ex nihilo, et ne prennent pas en compte la situation actuelle, ni le scénario pour arriver au résultat.

L’intérêt est de construire une hypothèse jusqu’ici impensable pour la majorité des acteurs qui devient une hypothèse techniquement possible. Le document ne sous estime pas les aspects techniques, économiques dont le coût ou encore l’acceptabilité sociale.

Maitriser la demande et la pointe

Les principaux résultats du travail sont les suivants. Plusieurs mix électriques sont possibles pour satisfaire la demande chaque heure de l’année avec 80 ou 100% de renouvelables. Le développement de la maîtrise de la demande et celle de la pointe sont essentielles. Sans développement et sans innovation, quel que soit le mix intégrant notablement des EnR, le coût du système électrique n’est pas maîtrisé.

Le coût des technologies doit encore baisser, surtout pour les technologies les moins matures afin d’arriver à un mix équilibré entre filières. Cette baisse peut s’envisager grâce au progrès technologique mais aussi  par des conditions de financement appropriées aux énergies renouvelables. L’acceptabilité sociale est cruciale pour permettre ce nouveau mix  : complémentarité entre productions domestiques et productions centralisées surtout pour le photovoltaïque, interconnexion renforcée par le réseau et  redistribution des revenus générés par la production d’énergie…

michel.deprost@enviscope.com

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