Médiathèque

Le numéro 2014 de la revue Sociétal propose des pistes de réflexion sur l’avenir du modèle français

Alors que de nombreux débats se développent à tous les niveaux sur tous les thèmes, de multiples exemples apportent des preuves d’un décrochage de la France dans plusieurs domaines, enseignement, commerce extérieur, industrie, compétitivité, attractivité.

Pour l’Institut de l’Entreprise, cette dernière, au sens large, est source d’initiatives et de responsabilité est la solution à bien des problèmes. Les sociétés ne sont condamnées ni à l’appauvrissement ni à la stagnation, si elles rejettent le dirigisme et la logique de rente.

L’idée centrale est celle de compétitivité, un mot largement utilisé par les Français, mais mal compris. Beaucoup de Français reconnaissent  l’importance de vendre des produits et services à des prix aussi intéressants que ceux des concurrents étrangers auxquels nous achetons. Mais la compétitivité est souvent perçue comme une compétitivité par les prix. Or la compétitivité passe aussi par l’innovation, la formation, la qualité, le service.

Face à une mondialisation mal perçue, les solutions passent  davantage d’initiative. Les Français ne doivent pas se contenter d’être  surtout  consommateurs, largement financés par des revenus de distribution. Ils doivent  être producteurs. Jean Peyrelevade insiste sur la nécessité de renverser les valeurs : ce n’est pas le travail qu’il faut taxer, mais la consommation. Il faut aller, à l’encontre du keynésianisme auquel sont attachés des dirigeants, en cherchant à relancer la demande,  vers une  politique de l’offre. ON peut noter, sous forme de commentaire,  que cette politique de l’offre est cohérente avec l’idée d’une relocalisation des productions, partie d’un modèle de développement  plus durable, qui n’est pas synonyme de repli.

Pas de retour à l’industrie d’antan

Deux auteurs Augustin landier et David Thesmar, suggèrent une politique post industriel le et dénoncent  l’illusion d’une ré industrialisation qui ramène aux Trente  glorieuses, au temps des cheminées qui fument. Ils prônent au contrait le développement d’activité  la personne. Les investissements doivent être réalisés dans des secteurs d’avenir, comme l’énergie.

Les articles de ce numéro de Sociétal, invitent à un changement dans le mode de gouvernement de la société française qui doit laisser davantage d’initiatives à la société civile,  Or la France est incapable d’engager de grandes réformes, claies et efficaces. Elle procède par avancées timides et graduelles, qui ne changent rien sur le fond. La France est régie par un système politique d’ancien régime ; avec un pacte entre absolutisme politique et rentes sociales.  La Constitution de 1958 fait ainsi à a part belle à  un pouvoir centralisés qui

Vers l’administration 2.0

Les articles proposent une série de piste pour réforme la société. Ainsi, la mise en place de service publics 2.0 faisant  appel à l’engagement citoyen, permet de responsabiliser la société et de réduite certains emplois public qui maintient le citoyen en situation de dépendance.  Il faut une fiscalité plus incitative, et une fiscalité comportementale qui taxe les comportements négatifs (alcool, tabac, énergie, qui peuvent avoir un effet positif sur la santé et l’environnement. Il faut un système fiscal réellement redistributif, qui  alors que le système français reste très inégalitaire pour des grandes fonctions comme la santé et l’éducation. Les plus aisés ont toujours accès aux meilleurs services.

Innovation au service de tous

L’innovation doit se développer dans le champ de l’environnement et de l’énergie, avec le souci d’une plus grande efficacité. L’innovation, c’est à dire la maitrise de la nouveauté au service du plus grand nombre avec le souci d’efficacité, de qualité, doit permettre de développer le design, en décloisonnant les processus de création, en mettant en contact la science, la technique, la société. L’innovation doit en particulier être sociale, en association  avec les citoyens. Les pôles de compétitivité, doivent on seulement chercher, mais produire des innovations pour le marché.

Cette évolution nécessaire pour les auteurs de ce numéro de Sociétal,  a des implications pour les acteurs sociaux. L’allongement de la vie professionnel, son  évolution par étape, la formation continue au tout au long de la vie sont indispensables. Pour les chefs d’entreprise, la dimension sociale de leur activité doit être mise en avant. Le cas de l’Allemagne où le patronat a une vision sociale de son activité est à nouveau mis en exergue.

L’entreprise  doit prendre en compte les réalités sociales et humaines, et les dirigeants doivent être plus ouverts à ces réalités, que ce soit vers les cadres ou toutes les autres catégories de personnes. Les risques sociaux et humains doivent être réellement pris en compte,  comme le rappelle l’association pour le management des risques et de l’assurance des Entreprises, AMRAE

Michel.deprost@enviscope.com

  France, la fin du déni ?, numéro 2014 de la revue Sociétal éditée par l’Institut de l’Entreprise avec les éditions Eyrolles ;  358 pages, 27 euros

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