Les stocks français de gaz sont trop bas

GRTgaz et TIGF  confirment l’alerte lancée il y a un mois: les stocks de gaz sont trop faibles. Ils ne permettront pas de passer l’hiver s’ils ne remontent pas.

Thierry Trouvé, Directeur général de GRTgaz, et Dominique Mockly, Directeur général de TIGF, réseau de transport dans le sud-ouest de la France ont tiré le signal d’alarme il y a près d’un mois en présentant les perspectives du système gazier français pour l’hiver prochain.

Le bon fonctionnement du système en hiver repose sur une gestion diversifiée des approvisionnements. Un apport significatif et régulier de Gaz Naturel Liquéfié ( GNL) pendant tout l’hiver est essentiel pour répondre rapidement aux besoins de gaz liés aux pointes de froid. ” Le faible nombre de cargaisons déchargées dans les terminaux méthaniers français jusqu’à début février 2017, notamment dans le Sud de la France, associé à un soutirage précoce des stockages, a conduit à des alertes cinq fois plus nombreuses que les années précédentes.” rappellent les deux transporteurs.

Sortant de leur réserve et résistant aux pressions, les gestionnaires de réseaux de transport ont décidé d’alerter les acteurs de marché pour réduire les risques de tensions que pourrait connaitre le système gaz l’hiver prochain sans remontée du niveau de stocks.

130 fournisseurs

Le système gazier français est alimenté par 130 fournisseurs de tailles très différentes, qui achètent du gaz, injecté dans le réseau de transport puis livré le plus souvent via le réseau de distribution. Certains acteurs très importants et dominent le marché. D’autres agissent à des niveaux beaucoup plus faibles. L’ensemble crée un système dans lequel la concurrence est rude. La concurrence est rude aussi sur le marché international sur lequel le gaz est très disputé. La demande en gaz est forte, par exemple en Asie, et une bonne partie du gaz liquéfié prend la direction de cette région. Cette évasion se fait au détriment du niveau de stocks en France.

Les stocks sur lesquels GRTgaz a la main sont limités. L’entreprise n’a pas la compétence stockage mais doit veiller à l’équilibre du marché. Elle doit stocker 1% de la consommation pour faire face à la défaillance momentanée d’un fournisseur. Le réseau représente une journée de consommation.

GRTgaz et TIGF soulignent que sans augmentation des souscriptions des stockages souterrains de gaz (comme celui d’ETREZ dans l’Ain géré par STORENGY)  des arrivées rapides de gaz liquéfié seront nécessaires pour assurer l’approvisionnement en cas de périodes froides. Le gaz assure un quart des besoins énergétiques de la France et concourt à la production électricité dans les centrales à gaz mobilisées en périodes de pointe. Certains  scénarios montrent un risque de déficit entre les entrées et les sorties du réseau qui nécessite de nouvelles souscriptions dans les stockages dès maintenant compte tenu du délai nécessaire pour les remplir d’ici le début de l’hiver.

L’hiver 2017-2018 GRTgaz reconduira son mécanisme d’info-vigilance pour fournir des indications court terme sur les situations de tension. TIGF relaiera certaines vigilances auprès des expéditeurs concernés. Pour la première fois, un mécanisme de marché incitatif devrait être proposé. Cet outil, établi en concertation avec le régulateur et les acteurs de marché, vise à réduire les congestions physiques du réseau de transport grâce à des opérations simultanées d’achat/vente de gaz sur la bourse.

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