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Redémarrage progressif du Grand Collisionneur de Hadrons au CERN en novembre

Lors de son redémarrage en novembre prochain, le Grand collisionneur d’hadrons (Large Hadron Collider) du CERN fonctionnera initialement à une énergie de 3,5 TeV par faisceau. L’électron Volt est l’énergie acquise par un électron avec une puissance de 1 volt. Un Téra électron volt représente 1 million de millions de volt. Pour se donner une idée, c’est l’énergie développée par un moustique quand il veut s’élever d’un mètre.



C’est une énergie faible, mais cette énergie sera concentrée par le collisionneur, sur des particules en ayant un effet très puissant capable de les désintégrer. Au total, pour produire cette énergie, le LHC a besoin de mobiliser une énergie importante.


La nouvelle du redémarrage du LHC a été donnée jeudi par le CERN après l’achèvement de tous les essais sur les connexions électriques haute intensité de la machine. Les essais ont montré que les réparations réalisées après la panne de l’automne 2008 étaient complètes.



Le Grand Collisionneur de Hadrons doit permettre des collisions de particules lourdes, qui sont des éléments constituant les atomes, eux-mêmes constitutifs de la matière. Les physiciens ont déjà identifiés de nombreuses de ces particules, dotées de propriétés dans le fonctionnement de la matière qui constitue l’Univers.



« Nous avons choisi de commencer à 3,5 TeV, a déclaré le Directeur général, Rolf Heuer, parce que cela permet aux opérateurs du LHC d’acquérir l’expérience du fonctionnement de la machine en toute sécurité tout en ouvrant une nouvelle région de découvertes pour les expériences. »



Le 19 septembre 2008 quelques semaines après l’entrée en service du collisionneur de hadrons, un incident avait entraîné l’interruption de l’exploitation du LHC. Des essais avaient été réalisés sûr les 10 000 connexions électriques supraconductrices semblables à celle qui a été à l’origine de l’incident. Ces connexions permettent de transporter une énergie très importante avec un minimum de perte. Ces connexions comprennent le supraconducteur et un stabilisateur en cuivre qui transporte le courant dans le cas où le supraconducteur s’échauffe et devient résistif c’est-à-dire oppose une résistance. Dans leur état supraconducteur normal, les connexions présentent une résistance électrique négligeable. Toutefois, dans un petit nombre de cas, des résistances anormalement élevées ont été relevées dans le supraconducteur. Ces connexions ont été réparées mais des connexions restent plus résistives que prévu.



Les premières données à haute énergie devraient être recueillies quelques semaines après l’injection du premier faisceau de 2009. Le LHC fonctionnera à 3,5 TeV par faisceau jusqu’à ce qu’un échantillon de données suffisamment conséquent ait été recueilli, et jusqu’à ce que l’équipe chargée des opérations ait acquis de l’expérience dans l’exploitation de la machine. Par la suite on opérera une montée en énergie en direction des 5 TeV par faisceau. Fin 2010, le LHC fonctionnera avec des ions plomb pour la première fois. Après cela, le LHC sera arrêté et le travail en vue de la montée en énergie vers 7 TeV commencera.


michel.deprost@enviscope.com





Pour comprendre les principaux termes de la physique des particules :


http://visits.web.cern.ch/visits/GuidesManual/Glossary2.html




Le CERN publie régulièrement des informations sur le LHC dans son Bulletin interne, disponible à l’adresse suivante http://www.cern.ch/bulletin ainsi que sur twitter et YouTube (http://www.twitter.com/cern et https://www.youtube.com/cern).



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