Industrie

L’industrie chimique veut éveiller des vocations

France Chimie Auvergne-Rhône-Alpes a organisé le 3 décembre à l’Hôtel de Région une rencontre orientée en direction des jeunes. En pointe dans les transitions énergétique, climatique et numérique, le secteur a besoin de jeunes notamment dans les activités de production.

Ce mardi, à l’Hôtel de Région, des jeunes de plusieurs lycées ont pu rencontrer des entreprises de l’industrie chimique, et même découvrir, comment grâce à la chimie, une science à la taille de l’Univers, l’Homme pourra peut-être un jour coloniser la planète Mars.

Gardant les pieds sur Terre, Frédéric Fructus, président de France Chimie Auvergne-Rhône-Alpes, a rappelé les défis qu’entend relever le secteur en particulier dans la région. « L’industrie chimique est engagée dans trois transitions : la transition énergétique, la transition climatique et la transition numérique », a-t-il rappelé.

La chimie a déjà réalisé des progrès importants en France. Elle a réduit de 61,3 % ses émissions de gaz à effet de serre (GES) entre 1990 et 2016. Les entreprises y sont parvenu en travaillant plusieurs axes : réduction de leurs consommations d’énergie, améliorations de leurs processus de production, récupération d’énergie autrefois dissipées, recours à des énergies non fossiles.

Ces efforts, les entreprises les ont réalisés en innovant et en investissant. Elles ont agi dans un cadre européen très précis qui leur permet de mutualiser leur effort via un système d’échanges de permis d’émission, obligatoire pour tout consommateur d’une puissance de plus de 20 MW(1). Ce système détermine le prix que les entreprises doivent acquitter quand elles émettent l’équivalent d’une tonne de CO2. Plus il y a d’entreprises qui achètent de permis d’émettre, plus le prix de la tonne de CO2 est élevé. Le système est vertueux, mais il faut bien le connaître : la baisse du prix du CO2 émis peut parfois simplement s’expliquer par le fait qu’une entreprise a quitté le territoire de l’Union. La chimie n’est pas le seul acteur à émettre du CO2, mais pour elle, ce cadre est un stimulant efficace.

Actions pour l’environnement

L’industrie chimique travaille aussi beaucoup dans le domaine de l’environnement, via la mise au point de procédés plus sûrs et plus propres, de nouveaux matériaux, plus légers, plus solides, plus recyclables et si possible de plus en plus biosourcés, et en réduisant sa production de déchets.

Le secteur est également engagé depuis longtemps dans la transition numérique. Les technologies numériques sont largement utilisées pour gérer, contrôler, surveiller en temps réel le fonctionnement des équipements et les réactions chimiques dans des conditions de sécurité draconiennes.

Enfin, le secteur de la chimie embauche. Il a besoin, comme d’autres industries, d’être mieux connu, en particulier des jeunes. Il veut être perçu de manière plus positive et faire découvrir ses métiers et ses formations nombreuses et variées. Il propose notamment une large offre de formation initiales, en alternance ou non, via son centre de formation Interfora, ainsi que des formations continues.

Les compétences recherchées se situent à différents niveaux de qualifications. Les entreprises embauchent pour les activités de production, à des postes bien rémunérés.

 

  1. Le marché de permis européen ou “European Union Emissions Trading Scheme” (EU ETS) est le mécanisme européen d’échange de droits d’émission le plus important dans le monde. Les installations fixes d’une puissance supérieure à 20 MW se voient attribuer des quotas d’émission. Chaque début d’année, les installations concernées doivent détenir un nombre de quotas équivalent à leurs émissions de l’année précédente sous peine de sanctions. Les quotas manquants ou surnuméraires peuvent être échangés sur le marché. L’idée est que les entreprises qui peuvent réduire leurs émissions pour un coût faible pourront ainsi vendre leurs droits à des entreprises qui ne sont pas en mesure de réduire leurs émissions à un coût inférieur au prix de marché du quota.

 

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