Biodiversité

Loup : la régulation permet de stabiliser les attaques.

Les tirs de prélèvement et de défense ont permis en 2019 de plafonner à 12 500 le nombre d’ovins victimes des attaques de loup, qui se développent dans les départements colonisés. Le loup est présent dans 35 départements français.

L’année 2019 a été marquée par une nouvelle extension géographique des attaques constatées dans 35 départements, contre 33 en 2018. ©Aeroceanaute / CC BY-SA

Pascal Mailhos, préfet de la région Auvergne-Rhône-Alpes, préfet du Rhône et préfet coordonnateur du Plan national d’action sur le loup et les activités d’élevage, a réuni le 8 juin les membres du Groupe national loup, en présence des représentants des ministères de la Transition écologique et solidaire et de l’Agriculture et de l’Alimentation ainsi que l’Office français de la biodiversité (OFB). La réunion avait pour objet un bilan de l’année 2019 et la définition des lignes d’action pour la saison pastorale qui commence.

Nombre d’attaques stabilisé

En 2019, le pilotage précis du Plan national d’action (PNA) a permis de stabiliser le niveau des attaques qui reste toutefois à un niveau élevé. Le nombre d’animaux indemnisé est stabilisé depuis 2017 à environ 12 500 par an. Mais l’année 2019 a été marquée par une nouvelle extension géographique des attaques constatées dans 35 départements, contre 33 en 2018.

La stabilisation a été obtenue grâce notamment à l’expérimentation de nouvelles conditions d’encadrement des tirs. Les tirs autorisés sont désormais concentrés sur des loups en situation d’attaque. En 2019, seulement 4 tirs de prélèvement ont été effectués contre 90 lors d’attaques de troupeaux, avec des tirs de défense simples ou renforcés. L’encadrement des tirs a permis de respecter le plafond d’animaux susceptibles d’être tués, fixé à 100 pour 2019. Ce plafond avait été calculé afin d’assurer la viabilité démographique de l’espèce en France, viabilité aujourd’hui assurée avec le franchissement de la barre de 500 individus largement répartis.

Indemnisations revalorisées

L’année 2019 a permis des avancées réglementaires. Un décret a été pris fixant de nouvelles conditions d’indemnisation revalorisées pour les trois grands prédateurs présents en France (loup, ours, lynx). Un arrêté ministériel a été pris pour l’encadrement des mesures de protection qui se déclinent désormais dans 38 départements.

Le retour d’expérience des nouvelles conditions d’encadrement des tirs et l’évolution positive de la population, ont conduit à débattre de l’évolution de l’encadrement réglementaire des tirs avec le cadre suivant. Le maintien d’un plafond de tirs de loups à 19 % de la population estimée en fin d’hiver doit permettre la poursuite des tirs de défense simple au-delà dans une limite de 2 % de la population estimée. Les tirs de défense simple et renforcés seront privilégiés, et avec un seul type de tir de prélèvement à caractère exceptionnel à compter du 1er juillet.

Un observatoire de la protection des troupeaux

La réunion a permis de travailler à la mise en place d’un observatoire de la protection des troupeaux, action phare du plan national. Un travail a été engagé en 2020 sur les 50 élevages ovins qui subissent la plus forte prédation et qui concentrent 30 % des victimes. Le préfet du Var, le directeur départemental des territoires des Alpes-de-Haute-Provence et le sous-préfet de Nice-Montagne ont partagé leurs informations. Ce travail d’analyse départementale des services de l’État avec les organisations agricoles devrait se poursuivre par des analyses de vulnérabilité de ces élevages avec l’appui des structures professionnelles, et l’extension de l’analyse aux 200 élevages les plus attaqués. Ces travaux seront menés dans chaque département concerné au sein des groupes départementaux dédiés.

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