Le malaise des jeunes , des lycéens aurait dû être largement décentralisé, en raison de la compétence » lycées » des quinze régions de Métropole et des régions d’Outre-Mer.
Le président de la République, le premier ministre, le ministre de l’Education se réjouissent des 100 000 contributions recueillies par la consultation qui sera traitées par une intelligence artificielle, avant que les résultats soient révisés par une intellligence humaine. Ce vendredi 23 octobre au matin, dernier jour de la consultation, la consultation avait mobilisé 98969 participants, assurés de demeurer anonymes.
Rappelons que les demandes des lycéens ( et parfois de leurs enseignants) concernent deux types de problèmes: les questions de personnels enseignants qui relèvent de l’Etat, et les questions de vie quotidienne, sécurité des locaux, chauffage, propreté,équipements qui concernent les régions.
A aucun moment, les textes de présentation et les textes sur la plate forme Agora elle-même, ne mentionnent les mots » région », » Conseil régional », etc. L’occasion d’une décentralisation des débats a été totalement perdue.
Les contributeurs et contributrices ne sont pas informés des réalités administratives et financières. Le ministère de l’Education aura à traiter de la saleté des toilettes, du manque de papier hygiénique, de l’absence de climatisations, toutes revendications relevant des régions.
Il fallait clairement, une plate forme nationale pour les questions d’enseignants: effectifs des classes, recrutement, remplacements.
Il fallait demander aux Régions de mettre en place, à leur manière, des consultations décentralisées, mais aussi des rencontres, des réunions de travail. C’était mettre face à leurs responsabilités, les Régions, de couleurs politiques bien différentes. Mais à aucun moment, d’après ce qu’il m’a été donné d’entendre, l’association qui réunit les 15 Régions, Régions de France, présidée par Carole Delga, présidente socialiste d’Occitanie n’a été interrogée. Je n’ai entendu qu’un entretien, avec le président de la Région Grand Est. Il est bien possible que les présidentes et présidents de Régions, aient saisi l’occasion de rester discrets. Dommage.
Dans les faits la concentration de la gestion des problèmes a contribué à faire monter, la colère, les paroles, le climat de violence et la violence elle-même. Il faudra que notre pays apprenne à décentraliser vraiment, non seulement les compétences, mais aussi les débats.
Michel Deprost
