Bioéconomie

Nitrates les éleveurs du Rhône veulent une maitrise raisonnée

La Fédération départementale des Syndicats d’exploitants agricoles du Rhône veut que la lutte contre les pollutions par les nitrates ne les mette pas en péril.

Les élevages produisent des lisiers, contenant des nitrates qui peuvent être de très bons fertilisants organiques. Mais les lisiers qui contiennent des nitrates posent problème lorsqu’ils sont trop concentrés sur les prairies.

Le  cinquième programme de la Directive Nitrates renforce les mesures visant à diminuer les taux de nitrates issus de l’agriculture dans les eaux souterraines et superficielles. Le programme est élaboré dans le cadre de contentieux avec la Commission Européenne au niveau du zonage des territoires classés vulnérables, mais aussi des mesures appliquées dans le quatrième programme d’actions. Le programme a durci les règles  « mais bien trop souvent au détriment du bon sens et de l’agronomie » estime la FDSEA du Rhône.

Limiter l’épandage au dessus de 20% de pente

La directive limite l’épandage  de produits azotés dans les « fortes » pentes, au-dessus de 20%, pour éviter les accumulations dans les eaux souterraines. Mais en diminuant les surfaces épandues, les épandages se concentreront sur les surfaces restantes, augmentant  la pression sur la qualité de l’eau dans ces secteurs.

Lundi, les responsables de la Fédération du Rhône ont invité les représentants de la Direction des Territoires du Rhône à venir sur le terrain pour voir les conséquences de la directive sur les élevages. Dans bien des secteurs du Rhône les terrains ont des pentes supérieures à 20%.

Plus d’élevage

« De plus, les terres les plus pentues ne pourront plus être valorisées par l’agriculture et retourneront alors en friche. » explique un communiqué de la Fédération des Syndicats d’Exploitants Agricoles. « On pourra indiquer à l’entrée de chaque village le nombre d’agriculteurs dont la disparition a été entrainée par cette mesure » avertit Dominique Despras, éleveur laitier en bio installé à Claveisolle dans les Monts du Beaujolais (Rhône). Y interdire l’épandage reviendrait à mettre en péril des élevages et des emplois.

« Nous demandons à pouvoir épandre dans les secteurs où le tracteur peut aller. » explique Dominique Despras. « La faible densité des installations ne doit pas, poser de problèmes.” Il faut aussi donner du temps au secteur pour s’adapter, et trouver de nouvelles solutions pour évacuer les lisiers et fumiers. Une solution pourrait consister à sécher des amendements organiques pour les livrer à des producteurs de plaines qui en manquent et utilisent des engrais minéraux.

Michel.deprost@enviscope.com

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