Énergie

Risque nucléaire: Les Verts et la FRAPNA veulent davantage d’études

Alors que la filière nucléaire redémarre fortement dans le monde et en France, les opposants restent mobilisés sur plusieurs fronts : le refus de ce type d’énergie, la question des déchets et la question des risques industriels. Le risque zéro n’existant pas, les opposants mettent en avant ne risque impossible à exclure d’un accident majeur, une catastrophe comme celle de Tchernobyl survenue il ya 23 ans.



Déjà venu à Lyon en 2008 pour un colloque sur les suites de la catastrophe, le Professeur Youri Bandajevski a donné ce mercredi une conférence pour présenter le résultat de ses travaux. Il montre un tableau statistique sur la mortalité dans son pays. « Elle est double de ce qu’elle est ailleurs depuis la catastrophe. Les chiffres sont officiels, ils montrent une recrudescence de toutes sortes de maladies, les cancers, les maladies cardiovasculaires. Mais ils ne sont pas commentés, et même, depuis 2004, il n’y a plus de chiffres »




Le Professeur Youri Bandajevski, ancien doyen de la faculté de médecine de Gomel au Bélarus, a étudié les pathologies induites par la catastrophe de Tchernobyl. « Le résultat de ses recherches majeures dans le domaine de la physio-pathologie nucléaire (en particulier les contaminations par le césium 137) rétablissent enfin la terrible et la triste vérité» explique le document qui a annoncé la conférence donnée à Lyon.


Youri Bandajevsky qui a effectué 6 ans de prison en Biélorussie pour “avoir dit la vérité sur les conséquences de la catastrophe nucléaire de Tchernobyl” semble être sinon un homme seul, du moins scientifique qui peine à convaincre, en engager la controverse avec ses collègues chercheurs. Il va participer à un colloque européen sur les radiations. Il a des contacts ici et là, mais cherche depuis plusieurs années, un lieu, des aides pour poursuivre ses travaux.



Etudier les faibles doses



Pour les Verts, comme pour Alain Chabrolle, porte-parole de la FRAPNA Rhône-Alpes, les risques sanitaires par exemple liés aux faibles doses reçues pendant une longue période sont sous estimés volontairement. Pour le porte-parole de la FRAPNA, les références basées sur les explosions atomiques des deux bombes de la guerre mondiale et celles des essais nucléaires, ne sont pas suffisantes. Il faut prendre en compte les effets d’une catastrophe civile, avec des radioéléments spécifiques. Les Verts rappellent qu’en matière de nucléaire le débat doit ” rester ouvert, vrai et indépendant »


Hélène Blanchard, Vice Présidente (Les Verts) de la région Rhône Alpes déléguée à l’Environnement et à la prévention des risques qui s’est entre autres rendue à l’occasion des 20 ans de la catastrophe de Tchernobyl à Kiev, interpelle quant à la nécessité de poursuite des travaux scientifiques sur ces questions. Les victimes de l’accident nucléaire sont beaucoup plus nombreuses que celles reconnues par les organismes officiels. Hélène Blanchard, indique qu’implanter un centre de ressource pour les victimes et personnes contaminées en Biélorussie est nécessaire.


Les Verts et la FRAPNA insistent pour que des études soient menées en France. Une étude se prépare à la demande de la FRAPNA, dans le secteur du Tricastin.


michel.deprost@enviscope.com




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