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Rénovation thermique de l’immobilier de montagne : la solution est réglementaire

L’immobilier de loisirs en montagne est un énorme problème, évoqué lors d’une journée des Assises du Développement durable en montagne le jeudi 27 avril, à Chambéry. Le problème est considérable, car, comme l’a souligné Bruno Georges du Bureau d’études ITF, les constructeurs n’ont pas pris en compte les différences fondamentales entre la montagne et la plaine. « La demande énergétique en DJU ( degrésèjours-unifiés) peut atteindre 4000 par an, alors qu’elle est de 1900 à Chambéry. Plusieurs autres éléments n’ont pas été pris en compte : l’impact des ultraviolet sur les matériaux, la présence de la neige sous forme d’aérosol, une utilisation saisonnière »

Les techniques de plaine

Les consommations annuelles actuelles par mètre carré peuvent paraitre modestes, mais les chiffres ne prennent en compte que quelques semaines d’occupation. En réalité, le parc de montagne souffre de plusieurs défauts. Les immeubles antérieurs à 1980, ne répondent évidemment pas du tout aux normes thermiques, mais la qualité de la réalisation est souvent réelle. Les immeubles très récents ont une qualité en progrès. Pour le reste du parc, construit en trente ans, après 1980, le tableau est sombre, car souvent les promoteurs constructeurs ont appliqué en montagne les mêmes recettes qu’en plaine.
La gestion des immeubles est limitée à la réparation de ce qui tombe en panne. Il est difficile de faire mieux, car tout est bloqué par le système des copropriétés où les travaux ne peuvent être décidés que par des majorités qualifiées.
La loi devrait évoluer, dans le sillage du grenelle de l’Environnement. C’est le frein qui doit être levé. Car comme le rappelle Anne Rialhe, responsable du bureau d’études, AERE (Alternatives pour les Energies Renouvelables et l’Environnement), mais aussi présidente de l’ASDER (Association Savoyarde pour le Développement des Energies Renouvelables) « il n’y a pas de freins techniques ». La réponse est réglementaire. Elle doit permettre par exemple la constitution dans les copropriétés de provisions afin de permettre le lancement d’opérations lourdes et anticipées.

michel.deprost@enviscope.com

 

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