Mobilité

Réseau ferroviaire français: il faudra faire des choix estime une étude de l’EPFL

” Il est probable qu’il va falloir opérer certains choix stratégiques qui avaient été repoussés jusqu’ici, notamment concernant le périmètre du réseau et la gouvernance institutionnelle. » Telle est l’une des phrases clés de la conclusion de la nouvelle étude publiée par des spécialistes de l’École Polytechnique Fédérale de Lausanne.

L’étude commandée par la SNCF et RFF, a été remise aux deux entreprises avant d’être rendue publique ce lundi. Elle suit une première étude réalisée en 2005, qui avait insisté sur la nécessité d’investir sur le réseeau traditionel. Ce premier ” Audit Rivier” traitait de la question du vieillissement et préconisait des évolutions en matière de politiques de maintenance, de politique budgétaire ainsi que de processus et d’outils d’aide à la décision.

L’audit qui vient d’être publié dresse un bilan. Un  bilan positif pour ” les volumes financiers consacrés au renouvellement du réseau ( qui) ont connu une progression significative, signe d’une prise de conscience de l’urgence de la situation. La trajectoire en la matière est conforme aux recommandations de l’audit Rivier

Un manque de moyens

Le rythme de montée de l’investissement est cependant inférieur aux préconisations. Entre 2006 et 2010 il a manqué 1.6 G€ (CE 2010) ce qui n’a pas permis d’inverser la tendance au vieillissement de certaines parties du réseau.

La conjoncture mondiale et nationale pourrait freiner la croissance nécessaire des budgets de renouvellement de l’infrastructure. Le suivi des recommandations de l’audit Rivier nécessiterait 450 M€/an supplémentaire au cours des prochaines années.

Des moyens limités obligeront à faire des choix. “Il conviendrait de se poser la question du bien fondé socio-économique du maintien en exploitation des lignes dont le trafic est très faible ou alors repenser leur schéma de financement ce qui ne peut être fait que dans le cadre d’une réflexion globale sur les transports, qui viserait à établir et à promouvoir une vision cohérente et durable de la mobilité future”.

Des arbitrages

Cette vision est indispensable pour mener des arbitrages nécessaires. Le rapport préconise: ” repenser le fonctionnement institutionnel de la gestion de l’infrastructure en vue de la constitution d’un gestionnaire d’infrastructure unique est inévitable et pourrait relever d’une certaine urgence”. ” L’optimisation des processus décisionnels s’accommode mal d’un fractionnement multiple”

Or, le “système fer” , souligne le rapport, a besoin de processus de décision performants,  pour dessiner le réseau de demain au plus près des besoins de l’exploitation et créer l’espace d’innovation nécessaire. “Il s’agit de favoriser la création d’un tel espace.”

Le manque de planification coordonnée de l’utilisation de la capacité entre sillons et travaux, induirait un risque substantiel de blocage dans un contexte de demandes accrues portant sur la même ressource. RFF aura besoin de mobiliser plus de “voies” pour les rénover, alors que les transporteurs demanderont plus de sillons.

michel.deprost@enviscope.com

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