Apiculture

Santé des abeilles :les apiculteurs s’organisent en Rhône-Alpes

Les problèmes de santé des abeilles constatés depuis plusieurs années ont des causes multiples sans doute imbriquées : parasites, interaction avec des molécules de produits phytosanitaires, appauvrissement de la diversité florale nécessaire pour une nourriture variée, maladies virales et bactériennes, conduite des ruchers.

La santé de l’abeille à elle seule doit être mieux prise en compte. C’est ce qui découle des réorganisations mies en place en 2013 dans le cadre du plan pour une apiculture durable, découlant du rapport du député Martial Saddier.

La nouvelle organisation sanitairz prévoit de faire coopérer plus fortement organisations apicole et les services de l’État. Du côté de l’État l’organisation est plus rationnelle, et recherche une plus grande efficacité pour appliquer les orientations sanitaires au niveau régional.

Les organisations apicoles sont incitées à se fédérer au niveau régional, au sein d’un Groupement de défense sanitaire. Le Groupement réunira des sections de Groupements sanitaires, ou des Groupements sanitaires apicoles, dédiés à la seule abeille.

Des plans sanitaires d’élevage

La future organisation pourra mettre en place un véritable plan régional de développement de l’apiculture. D’abord, elle convaincra les apiculteurs, surtout les amateurs, de déclarer leur rucher, même si ce dernier  ne compte que trois ou quatre colonies. L’abeille domestique est en fait un animal sauvage dont il est impossible de contrôler l’alimentation, ou qu’il est impossible de protéger des maladies en la confinant.  Elle butine dans un rayon de trois kilomètres de sa ruche, dans des environnements imprévisibles !

Pour le moment moins de la moitié des apiculteurs déclarent leur rucher, alors que cette déclaration est obligatoire. Les enquêtes lancées par l’État très incomplètes n’ont pas grande valeur. Elles sont dédaignées par des apiculteurs négligents, boycottées par certains apiculteurs qui ont « pris le maquis ».

Connaitre les ruchers

La connaissance des ruchers est la base d’un suivi efficace des populations. C’est la base d’enquêtes sur la santé des abeilles. Les abeilles sont sujettes à des parasites, des maladies virales, ou bactériennes.  Certaines maladies à déclaration obligatoires représentent des menaces gravissimes.

Le suivi doit permettre de mettre en place des traitements, d’évaluer leur efficacité. Il doit servir de base au Plan Sanitaire d’Élevage (PSE) indispensable pour toute espèce domestique.

Un système d’information géographique

Un Système d’Information Géographique doit permettre de connaitre l’impact d’environnements divers sur les abeilles. Il sera possible d’établir enfin, si des liens existent ou non entre de grandes cultures et problèmes de santé des abeilles. Un Système d’information géographique (SIG)  doit permettre de réagir en cas d’accident d’intoxication. 

Un outil pour les apiculteurs

Un Système d’Information Géographique peut être un outil pour les apiculteurs. Si tous les ruchers et tous les apiculteurs sont identifiés,  les propriétaires de ruchers pourront être informés en cas de campagnes de pulvérisation sur des cultures. Des alertes pourront être envoyées automatiquement pour qu’ils prennent des mesures, par exemple éloignent des ruches, ferment momentanément des abeilles.

Un SIG peut permettre de mieux gérer la transhumance. De nombreux apiculteurs déplacent leurs ruches en fonction des miellées. Un apiculteur peut déplacer ses ruches d’un secteur à acacia, une fois cette fleur passée, vers un secteur à lavande. Mais le berger des abeilles  doit connaitre la situation sanitaire du secteur dans lequel il installera ses colonies. Cela évitera comme cela est déjà arrivé, à un apiculteur d’Ardèche de transporter ses colonies dans un secteur des Hautes Alpes où sévit la redoutable loque américaine, maladie qu’il pourrait rapporter dans se secteur d’origine !

michel.deprost@enviscope.com

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