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Une agence de la Biodiversité … pour la biodiversité des agences

Alors qu’un rapport de l’Inspection Générale des Finances ( IGF) , met l’accent sur l’hypertrophie des agents de l’Etat, sans doute faut-il s’interroger sur la pertinence du projet d’Agence nationale de la biodiversité annoncé par  le premier Ministre lors de la Conférence environnementale.

Mille deux cent quarante quatre agences fonctionnent déjà et accroissent leurs effectifs.

L’heure est à l’examen des fonctions de l’Etat qui doit recentrer ses moyens sur ses fonctions régaliennes ou sur ses fonctions essentielles.

Or en matière de protection de la biodiversité, on peut constater que les outils actuels sont sans aucun doute suffisants.

Des offices nationaux

La France dispose d’un Office National des Forêts, dédié à la protection des forêts publiques.  Il existe un Office National de l’Eau et des Milieux Aquatiques ( ONEMA) en charge de la protection de ces milieux. Il existe un Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage ( ONCFS) en charge de la protection des espèces sauvages.

Des Agences de l’Eau sont actives sur chaque bassin, avec notamment des actions en faveur de la protection des milieux. Le Conservatoire du Littoral veille sur les littoraux maritimes et lacustres.

Partout, des réserves naturelles nationales sanctuarisent les milieux les plus précieux et les Régions peuvent créer des réserves naturelles régionales.

Des conservatoires d’espaces naturels

Dans toutes les Régions , fonctionnent des Conservatoires Régionaux des Espaces Naturels, actifs dans la gestion d’espaces à protéger, producteurs d’études fines, et bien coordonnés entre eux. Les Parcs Nationaux, réformés en 2006, qui peinent à mettre en place leurs chartes pour certains, veillent sur les milieux les plus exceptionnels, et une cinquantaine de Parcs naturels régionaux mènent aussi des actions d’études.

Tout cela est étudié par d’innombrables laboratoires, d’universités d’écoles spécialisées, mais aussi du CNRS et de l’IRSTEA, sans oublier le Muséum National d’Histoire Naturelle, l’IFREMER, et d’autres instituts

Des réseaux nombreux sont efficaces sur de nombreux sujets, pour le loup, les grands ongulés ou le grand tétras avec l’implication heureuse d’associations, des chasseurs aux protecteurs des chiroptères.

Pour la surveillance des risques que peuvent faire peser des projets, l’Autorité environnementale  est aussi présente. Elle examine de près et en toute indépendance,  les conséquences des projets, locaux ou nationaux.

Une ministre de l’Ecologie

Au dessus de tout cela , il y a l’Etat. Et une Ministre heureusement nommée de l’Ecologie, qui peut veiller au niveau national comme au niveau régional par les DREAL, sur les études, les bilans.

Alors pourquoi une Agence de la biodiversité pour laquelle aucune garantie d’économie ou d’efficacité n’est donnée. Quel rapport coût bénéfice en dehors d’un effet d’annonce?

A coup sûr le premier effet serait la nomination d’un Directeur, d’une équipe empressée d’emménager dans des locaux, de délimiter logiquement et écologiquement son territoire, de se faire reconnaitre. Au bas mot une année d’installation.

Evidemment aucun engagement financier ou matériel n’est pris qui indiquerait une volonté d’économiser ert de gagner en efficacité.

La création d’une Agence de la biodiversité ne ferait qu’accroitre simplement, la diversité des agences…

michel.deprost@enviscope.com

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