Mobilité

Vallée de l’Arve: le Plan de Protection de l’Atmosphère ne prend pas en compte la pollution routière

Les maires des quatre communes de la haute vallée de l’Arve ont participer à la manifestation organisée ce 8 février pour protester contre la pollution subie par les populations.

Pour les élus, la Vallée subit ” de manière fréquente en période hivernale un niveau de pollution atmosphérique inquiétant. Cette situation peu enviable est notamment liée à la topographie du site qui a tendance à « retenir » les pollutions en fond de vallée plutôt que de favoriser leur dispersion en altitude.

Les élus rappellent que les deux sources principales de pollution sont identifiées : l’habitat et des moyens de chauffage utilisés qui favorisent la concentration de particules fines et des transports, avec la présence d’une infrastructure routière performante et transfrontalière.

Le volet routier méconnu

Pour les élus, le PPA a traité le volet habitat, avec la mise en place de mesure spour aider les habitants à moderniser leur installation. Le PPA méconnait la réalité de la pollution liée au transport routier et par conséquent les moyens d’y remédier.

Le dernier épisode majeur de dépassement de seuils de pollution du 2 au 18 décembre 2013 montre selon les élus l’impact de ce facteur, avec une concentration de dioxyde d’azote, polluant routier par excellence, qui a connu une moyenne journalière autour de 80µg. La moyenne annuelle autorisée est de seulement 40µg, la fréquentation touristique, très limitée à cette période, ne pouvant être mise en cause.

Depuis plusieurs années, les collectivités territoriales de la haute vallée investissent dans les transports collectifs (5 millions / an pour la libre circulation bus + train , rénovation de la ligne ferroviaire Saint Gervais à hauteur de 80 millions d’euros). Mais les élus notent ”  l’absence totale de prise en considération de la composante « transport international », malgré l’écoute de l’autorité préfectorale”. Cette absence de prise en compte ” est parfaitement incompréhensible et inacceptable pour les populations qui subissent directement les effets de cette crise sanitaire.”

Les ont souligné cette insuffisance du volet  transport du PPA à de nombreuses reprises depuis le courrier au préfet de la Haute-Savoie du 6 avril 2011. Ce courrier préconisait des mesures fortes de régulation du trafic de poids lourds sur l’axe routier transfrontalier « sous la forme d’une limitation de circulation pouvant aller, en fonction des taux de pollution constatés, jusqu’à l’interdiction temporaire ». Pour le moment, aucune mesure n’a été prise.

michel.deprost@enviscope.com

Cette interpellation a été complétée par plusieurs alertes insistant sur la nécessité de compléter les mesures pour « répondre à l’urgence sanitaire » :

– courriers au préfet de la Haute-Savoie des 16 février 2012, du 4 mars et du 16 novembre 2013

– courriers au directeur de l’A.R.S. Rhône-Alpes du 26 septembre 2012 et du 25 septembre 2013 insistant sur « l’impératif de protection de la santé des populations »
– motions de la communauté de communes de la Vallée de Chamonix-Mont-Blanc des 9 août et 20 décembre 2011, du 14 septembre 2012 et du 17 septembre 2013 (commune avec la C.C. Pays du Mont Blanc)
– déclaration des maires du Pays du Mont-Blanc (de Sallanches et Passy à Vallorcine) du 9 décembre 2011 : « pour des mesures adaptées à l’urgence sanitaire ».
– interpellation directe des trois ministres concernés (Santé/ Transports/Développement durable) par courrier en date des 14 novembre 2013 et 14 janvier 2014.

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