Environnement

Bactérie escherichia coli : une piste égyptienne

 

A partir du 22 juin des cas de diarrhées hémorragiques et de syndromes hémolytiques et urémiques se sont déclarés chez des adultes, majoritairement des femmes, dans la région de Bordeaux. Ces personnes ont été infectées par une souche d’Escherichia coli appartenant au sérotype O104:H4, bactérie génétiquement reliée à celle responsable de l’épidémie déclarée en Allemagne en mai 2011. L’investigation menée en France a permis d’identifier la source de la contamination : la consommation de graines germées (fenugrec notamment) à l’occasion d’une kermesse début juin.
Une enquête de traçabilité, coordonnée par l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a mis en évidence un lien avec la consommation de graines importées d’Égypte. La Commission européenne a décidé le 5 juillet de retirer du marché, d’analyser et de détruire l’ensemble des lots de graines de fenugrec importées en Europe entre 2009 et 2011 par un exportateur égyptien. Cette décision suspend jusqu’au 31 octobre 2011 les importations de graines et de fèves égyptiennes destinées à la germination.

L’Anses a mis en place un groupe de travail réunissant des experts issus de ses laboratoires ainsi que du laboratoire national de référence (Vet-AgroSup, Lyon), du centre national de référence (Institut Pasteur, Paris) et de son laboratoire associé (CHU Robert Debré, Paris), de l’institut de veille sanitaire (InVS), de l’INRA (Avignon et Angers) et du Geves (Groupe d’étude et de contrôle des variétés et des semences) ainsi que de l’unité INSERM1043 de l’Ecole vétérinaire de Toulouse.

La bactérie n’a pu être détectée dans les graines. Sa mise en évidence dans les graines est en effet très difficile. Mais l’absence de la bactérie dans les échantillons analysés ne signifie pas pour autant la non-contamination des lots de graines. L’Anses recommande de mieux évaluer les pratiques de germination en conditions industrielles. L’Anses rappelle qu’il ne faut pas consommer de graines germées crues (les cuire à haute température, c’est-à-dire à 70°C pendant deux minutes). Il est conseillé de ne pas cultiver de germes pour sa propre consommation. Ces recommandations pourront être revues à la sortie de l’épisode épidémique (soit environ 30 jours après la survenue du dernier cas).

VOIR AUSSI