Environnement

Budget 2014 en baisse : Rhône-Alpes amorce un recentrage sur ses compétences

La Région Rhône-Alpes a voté un budget 2014 qui s’élève à 2,45 Md€ et affiche une baisse des dépenses de 15 M€. Cet effort de maîtrise financière permet de préserver des capacités d’intervention pour l’emploi et la formation, la réussite des lycéens et les trains du quotidien, et l’investissement.

« Le rôle d’une Région est de préparer l’avenir » se défend Jean-Jack Queyranne, face aux critiques de l’opposition Front National et Union de la Droite et du Centre, qui veulent que la Région fasse des choix plus clairs. L’endettement de la Région continue à croître.

Mais Jean-Jack Queyranne une fois de plus manœuvre finement. Coincé par des alliances majoritaires parfois tendues à l’extrême, il sait faire accepter en douceur quelques doses de réalisme financier.

Utilité de l’action publique

« Ce budget est globalement stable pour la 6ème année consécutive malgré des compétences et des responsabilités croissantes. Il faut en finir avec le discours ambiant selon lequel les collectivités locales seraient incapables de maîtriser leurs dépenses » rappelle Jean-François Debat, vice-président délégué aux finances, à la décentralisation, rapporteur général du budget et du CPER.

Les économies sont jugées insuffisantes par l’opposition (Union de la Droite et du Centre et Front National). Le Front de Gauche, souligne-lui avoir obtenu que soient conservées des actions importantes pour les populations et les territoires les plus fragiles. Europe Ecologie les Verts, tout en critiquant des actions en faveur d’entreprises qui n’ont pas besoin de soutien public, constate que les actions essentielles sont sauvegardées.

Economies sur Rhône-Alpes Tourisme et ERAI

Les économies portent sur les actions suivantes. Des baisses de subventions ont été décidées par exemple pour Entreprise Rhône-Alpes International (ERAI) et Rhône-Alpes Tourisme tout « en préservant leurs capacités d’action ».

Des économies ont été obtenues en supprimant par exemple la MIPRA (Mission Ingénierie Prospective Rhône-Alpes) et en mutualisant des moyens par le rapprochement de structures d’accompagnement et de promotion dans les domaines de l’économie et de l’innovation, de l’agriculture et du tourisme.

Une amorce d’arbitrages

Des arbitrages, jugés insuffisants par la droite, ont été amorcés en faveur des compétences obligatoires de la Région. Ces arbitrages « impliquent de ne plus soutenir des projets relevant en premier lieu des responsabilités d’autres collectivités, par exemple, les Départements pour les routes et les Intercommunalités sur l’immobilier d’entreprises et les zones d’activités. »

Grâce à ces efforts, les dépenses d’intervention qui s’élèvent à 1,718 milliard sont dédiées à 74 % aux fondamentaux de l’action régionale dont les piliers sont la réussite scolaire des lycéens, la formation et l’emploi pour les chômeurs, les TER et le développement économique.

Des marges de manœuvre sont donc dégagées pour les trois principaux budgets de la Région Rhône-Alpes.

Les transports express régionaux, représentent le premier budget régional : 640 M€. En 2014, la Région consacrera 24 M€ de plus qu’en 2013 pour l’exploitation quotidienne des 1 300 trains et 300 autocars TER. Ce sont 177 M€ qui seront aussi investis pour l’acquisition de matériel roulant, mais aussi pour la modernisation des lignes et la rénovation des gares.

La Région consacrera 544 M€ pour les lycées (en tout 480 lycées publics et privés) qui accueillent plus de 250 000 jeunes. Leurs dotations de fonctionnement seront revalorisées de 8 M€ pour la réussite scolaire des élèves. Ce sont 170 M€ qui seront investis en 2014 pour la réhabilitation et l’efficacité énergétique des bâtiments.

Enfin la formation professionnelle et l’apprentissage : 490M€. La Région ouvre chaque année 35 000 places de formation pour les jeunes et les adultes sans qualification. 43 000 apprentis sont recensés en Rhône-Alpes. En 2014, la Région, partie prenante du Plan de formation prioritaire pour l’emploi (100 000 formations dont 10 000 en Rhône-Alpes), consacrera 15 M€ supplémentaires au développement de l’offre et à la rémunération des stagiaires.

Dans ses actions pour le développement économique et la transition énergétique, Rhône-Alpes privilégie les aides de fonds d’intervention (sous forme d’avances remboursables), dont l’effet de levier est plus fort que celui des subventions.

Investissements

Alors que l’opposition souligne le poids relatif encore trop grand du fonctionnement par rapport à l’investissement, ce dernier représentera un tiers du budget, avec à 727 M€. L’investissement portera sur les priorités de l’action régionale : 89% des investissements sont concentrés sur l’enseignement (travaux dans les lycées), le transport (infrastructures et matériel ferroviaire), l’action économique et l’aménagement du territoire.

michel.deprost@enviscope.com

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