Environnement

La CGT alerte sur la situation économique d’EDF

A la veille d’une réponse du Gouvernement à la Commission européenne pour les concessions électriques, la CGT tire le signal d’alarme sur la situation économique difficile d’EDF.
Le 22 octobre la Commission européenne  a dressé à la France une mise en demeure selon laquelle « sans préjudice de sa position finale, la Commission considère que l’attribution à Electricité de France et le maintien à son bénéfice de l’essentiel des concessions hydroélectriques en France constituent des mesures contraires à l’article 106  du traité de l’Union, lu en combinaison avec l’article 102 de ce même traité ». Le syndicat a écrit au premier ministre pour le mettre en garde contre les risques supplémentaires de fragilisation de l’entreprise dont l’Etat détient 85% du capital.
Pour la CGT de l’Energie, l’approche  de la Commission ” inacceptable … consiste en clair à remettre en cause le modèle historique des services publics à la française, car elle pourrait de la même manière remettre en cause d’autres grandes entreprises publiques, comme celles du secteur des transports par exemple.” Pour la CGT les annexes à la mise en demeure comportent ” de très nombreuses irrégularités, approximations et incohérences qui montrent clairement  l’acharnement de la Commission européenne à mettre à bas le modèle d’entreprise intégrée d’EDF qui a pourtant fait ses preuves au service de la sécurité et de la compétitivité énergétique de notre pays.
Les gouvernements français successifs, rappelle la CGT ont largement fourni  à la Commission de quoi ” fourbir ses armes en renouvelant annuellement, y compris en 2013 puis à nouveau en 2014, la proposition de mise en concurrence des concessions hydrauliques à chaque réédition du Programme National de Réforme.
La CGT rappelle avoir ” fait de très nombreuses propositions pour éviter ce désastre annoncé ( par la remise en cause des concessions) pour le système électrique national, pour les citoyens français et accessoirement pour l’Etat actionnaire, c’est-à-dire l’ensemble de la Nation.”
La Transition Energétique et la Croissance Verte organise cependant la mise en concurrence des concessions hydroélectriques alors que les prolongations des concessions en contrepartie d’investissements prévue par la loi, semble abandonnée par le Ministère du Développement Durable et de l’Énergie.

Aucune relance de l’emploi qui serait crédible et d’ampleur grâce à d’ambitieuses politiques d’investissements publics n’est aujourd’hui possible, pour la bonne raison qu’au nom de l’austérité, les investissements publics sont au point mort et que les entreprises publiques sont exsangues.
La CGT souligne les demandes nombreuses formulées à  EDF: sauvetage d’Areva, investissements en Angleterre, réduction des parts de marchés verser d’abondants dividendes pour boucher les trous du budget de l’Etat. La situation économique d’EDF est ” tellement grave que pour la première fois de l’histoire d’EDF, les élus de son Comité Central d’Entreprise ont, à l’unanimité, lancé un droit d’alerte économique, le 10 décembre 2015.
Le syndicat met en cause l’intérêt de la concurrence dans le secteur de l’électricité.” Tous les économistes, des plus anciens aux plus récents, ont démontré que dans ce secteur aussi spécifique que l’électricité, la concurrence n’avait aucun sens, sauf celui de transférer les avantages d’un service public de qualité et reconnu par les français à quelques affairistes privés, le temps que les infrastructures ne deviennent obsolètes et imposent de lourds investissements.

La CGT avertit  Manuel Valls: ” Au lendemain de la conférence mondiale sur le climat, les Français ne comprendraient pas que votre gouvernement brade l’hydroélectricité française, une énergie propre, élément d’équilibre et de sûreté du réseau électrique, et située au cœur du modèle énergétique français.

VOIR AUSSI