Mobilité

Transports en commun : les ” mauvaises pratiques françaises”

La Cour des Comptes l’a écrit à plusieurs reprises en évoquant les TER. Le  bureau d’étude TTK, le redit dans son travail sur des alternatives à l’Anneau des sciences, autre nom du Tronçon Ouest du Périphérique de Lyon . On peut parler de « mauvaises pratiques » en matière de transport périurbain en France”.L

La première mauvaise pratique est celle du tarif plat, un tarif unique sur un réseau de transport qui peut être très vaste, comme c’est le cas du réseau du SYTRAL. Indiscutablement, se déplacer sur le réseau du Syndicat des Transports en Commun de l’Agglomération Lyonnaise est bon marché si on compare le prix à celui de la voiture ! Bernard Rivalta, Président du Sytral a raison de le souligner et de rappeler que l’usagerne paie qu’un tiers du coût.

En l’absence de zones, en vigueur en région parisienne sur le RER, c’est bien une subvention accordée à l’usager qui peut amener ce dernier à penser que les transports en commun sont encore trop chers. L’absence de zone, ” condamne de fait les équilibres économiques de transports périurbains RER ou tramways en deuxième et troisième couronne”.

La pratique de tarifs très bas a été généralisée par les Départements avec un ticket à deux euros pour utiliser tout le réseau. C’est le cas du Rhône, de la Loire, de l’Isère…. Est ce raisonnable financièrement, même si c’est relativement efficace! Ne faut-il pas responsabiliser l’usager, quand il ne relève pas des tarifs sociaux, pour les transports urbains, comme pour les TER, sans parler des TGV  où les premières classes sont souvent remplies de séniors bénéficiants de carte vermeil pour aller en week-end de Paris au Midi!

La Cour des Comptes s’est interrogé sur le coûts de tarifs TER trop bas…

Ces mauvaises pratiques, techniques et économiques ont des conséquences selon TTK. ” Le choix du monopole SNCF pour le TER  ( …) fait que l’on préfère en France accepter du transport ferroviaire périurbain 50% plus cher que chez nos voisins européens “. Le prix est en France d’environ 18-22€/km contre  environ 12-15€/km chez nos voisins européens.  Ce prix est 100% plus cher que l’exploitation des tramways urbains (~8-9€/km).

Ce choix est fait plutôt que d’organiser  “une mise concurrence (délégation de service public ou DSP) sur le réseau ferroviaire national” .

Là aussi la Cour des Comptes a expliqué que les trains régionaux allemands, progressivement ouverts à des opérateurs autres que la BundesBahn, ont bénéficié d’un surcroit de fréquentation, ce qui a permis la baisse des subventions d’équilibre et une augmentation des emplois sans dégradation du statut social des cheminots…

michel.deprost@enviscope.com

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