Médiathèque

A Marseille, Wildproject veut diffuser les écrits de l’écologie culturelle

Lancer en France une maison d’édition sur l’écologie culturelle : telle est l’ambition de Baptiste Lanaspèze, qui a fondé à Marseille Wildproject, une maison d’édition qui entend publier chaque année, quatre auteurs fondamentaux de l’écologie culturelle.


Baptiste Lanaspèze a déjà réédité deux ouvrages. Il a réédité l’ouvrage de Rachel Carlson, Printemps silencieux, qui dans les années soixante avait donné l’alerte en montrant comment des polluants chimiques avaient contaminé des milieux naturels en Amérique du Nord. Le livre de l’écologue avait été à l’origine de l’interdiction du DDT. Wild Project vient de rééditer le livre du philosophe norvégien Arne Naes, “Vers l’Ecologie profonde”


Baptiste Lanaspèze, qui a dirigé une collection aux Editions AUTREMENT à Paris, a décidé de s’installer à Marseille pour créer une maison d’édition dédiée à l’écologie culturelle. « L’écologie est une science subversive, car à la différence des autres sciences qui ont une vision partielle, qui découpent la réalité, elle offre une vision globale » explique Baptiste Lanaspèze.


La maison d’édition Wildproject (on peut regretter le recours systématique à la langue anglaise !) a pour objectif d’éditer ou de rééditer quatre ouvrages par an. Baptiste Lanaspèze ne veut pas faire ployer le public sous le poids de livres à grand tirage mais d’intérêt éphémère. Il veut donner, plutôt qu’à l’actualité, marquée par la mode voire l’opportunisme ( c’est nous qui commentons), la priorité à des ouvrages de fond, en particulier à des ouvrages de philosophie. Il veut aussi faire connaitre du public français des auteurs, américains méconnus ou des auteurs européens. « Je souhaiterais éditer un jour un grand livre d’un auteur français ». La démarche de Baptiste Lanaspèze part entre autres, du constat que la culture et la philosophie américaines ont déployé depuis fort longtemps une vision très large de l’homme resitué dans l’Univers. Des auteurs comme Henri D Thoreau ( Walden ou la vie dans les Bois), comme John Muir, comme Aldo Leopold ( Alamanach d’un comté des sables), ont exprimé plus qu’aucun auteur européen et encore plus français, la place de l’Homme dans la nature. Mais une bonne partie des élites françaises rejettent d’une manière étroite, au nom d’une prétendue supériorité, européenne et classique ( pensons-nous) l’apport américain, notamment dans le domaine de la pensée environnementale.


Le projet de Baptiste Lanaspèze, comme celui des auteurs publiés, mais aussi des auteurs qui prennent la parole sur le site de Wildproject est bien de replacer l’homme dans la Nature pour ne pas considérer cette dernière, même restaurée, réparée, protégée simplement comme une ressource mais comme le milieu d’évolution de l’Homme.


michel.deprost@enviscope.com


Pour en savoir plus sur Wildproject: http://www.wildproject.fr/wp.html



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