Énergie

EPR

Acier low-cost, travail illégal : la face cachée du chantier du réacteur EPR

Alors qu’à Flamanville, EDF commence à poser le dôme du réacteur EPR, le Réseau “Sortir du nucléaire“ dénonce l’hypocrisie et les pratiques inacceptables de l’industrie nucléaire. Aux innombrables malfaçons du réacteur, s’ajoutent deux nouveaux scandales : l’utilisation d’acier de mauvaise qualité pour des équipements cruciaux pour la sûreté et le recours répété à des sociétés sous-traitantes réputées pour piétiner le droit du travail.

• EDF importe des aciers low-cost pour fabriquer des équipements cruciaux pour la sûreté !

EDF, qui présente le réacteur EPR comme le plus haut standard existant pour la sûreté nucléaire, n’a pas de scrupules à économiser sur les matériaux destinés à ses équipements les plus cruciaux. Un fait reconnu par …Bernard Bigot, administrateur général du Commissariat à l’Énergie Atomique !

Le Réseau “Sortir du nucléaire“ rend public un enregistrement inédit, réalisé par un militant le 13 avril 2013 à l’occasion de « Futurapolis », un événement organisé par Le Point à Toulouse. Interpellé sur les surcoûts de l’EPR, Bernard Bigot déclare qu’EDF aurait acheté de l’acier à bas prix en Russie sans en contrôler la qualité [1].

Cet acier a servi à fabriquer les consoles sur lesquelles devait reposer le pont polaire, pièce maîtresse des opérations de manutention placée au-dessus de la cuve. L’effondrement de ce pont – qui pèse 780 tonnes – aurait pu endommager gravement les dispositifs de pilotage du réacteur. Et effectivement, l’Autorité de Sûreté nucléaire ayant ultérieurement détecté d’importantes imperfections dans ces aciers, les 46 consoles ont dû être intégralement démontées [2], faisant exploser les coûts du chantier en imposant un retard d’un an.

Ce nouveau scandale apporte une démonstration de plus de l’irresponsabilité d’EDF, qui prétend donner des leçons de sûreté tout en s’abstenant de vérifier dès leur fabrication des pièces aussi cruciales. Pour une malfaçon détectée, combien passent inaperçues ?

• En Finlande puis à Flamanville, recours répété de Bouygues au travail illégal ?

Bouygues, qui est en charge du chantier, est soupçonné de travail illégal sur le chantier de Flamanville [3]. Une enquête est actuellement sur le point d’aboutir sur les conditions de travail indignes qui règnent à Flamanville, enquête diligentée par les services de l’État et qui, selon un informateur, devrait être suivie d’un dépôt de plainte devant le procureur général contre des sociétés de sous-traitance employées par Bouygues.

Rappelons qu’Atlanco, l’une des deux sociétés de sous-traitance en cause, avait déjà sévi sous le nom de Rimec [4] sur le chantier de l’EPR d’Olkiluoto, en Finlande. En 2008, des ouvriers polonais ayant dénoncé de très graves irrégularités dans le paiement des salaires, l’entreprise avait déménagé à Chypre [5]. Bouygues, maître d’œuvre dans les deux cas, ne pouvait pas ignorer ces faits ; c’est sciemment qu’à Flamanville, il a sollicité à nouveau cette société aux pratiques indignes.

Les beaux discours sur la sûreté de l’EPR cachent en réalité un chantier catastrophique. Destinées à réaliser des économies à tout prix, ces pratiques n’empêchent cependant pas l’explosion des coûts. Alors que les Français sont appelés à se serrer la ceinture, huit milliards d’euros au moins vont avoir été dépensés pour un réacteur inutile et dangereux. Pourtant, des alternatives énergétiques sûres et propres existent, qui permettraient de répondre aux besoins énergétiques du Grand Ouest pour trois fois moins de dépenses, tout en créant une dizaine de millier d’emplois stables [6].

Puisque François Hollande prétend réduire la part du nucléaire, le Réseau “Sortir du nucléaire“ l’exhorte à passer à l’acte en commençant par abandonner définitivement ce grand projet nuisible payé indirectement par les contribuables français.

Retrouvez les informations détaillées sur ces deux scandales sur notre site web : http://groupes.sortirdunucleaire.org/EPR-chantier-calamiteux

Rétrospective sur les déboires de l’EPR : http://groupes.sortirdunucleaire.org/2010-Flop-EPR

VOIR AUSSI