Le projet de construction de pistes de VTT pour un parc par la commune des Gets, en Haute Savoie, pousse à prendre en considération les contraintes foncières qui pèsent sur l’agriculture et sur l’élevage dans le département.
Le projet de pistes de VTT sur le Mont Chéry, sur le territoire des Gets, pose avec acuité la question de la concurrence foncière avec le pastoralisme. En hiver, quand la neige recouvre les pentes herbées, pas de concurrence. Les bêtes sont à l’étable, à l’abri. A la belle saison, c’est tout autre chose, comme le dénoncent le Groupement pastoral des Gets soutenu par la Confédération paysanne de Haute Savoie. » On ne peut pas faire n’importe quoi dans la montagne, l’agriculture ne peut pas toujours être la dernière à être prise en compte. » explique Simon Duisit, maraicher dans la vallée du Chéran, près de la limite Savoie-Haute Savoie, porte-parole de la Confédération paysanne de Haute Savoie.
En effet, le risque est grand que des stations de montagne, devant les perspectives certaines du changement climatique, cherchent à développer à tout prix un tourisme des quatre saisons aussi industriel que l’est la filière du ski. Or, un équilibre est nécessaire pour que le tourisme se développe en respectant l’agriculture. En favorisant la cohabitation entre usagers de la montagne et troupeaux, et chiens patous, une des mesures indispensables pour protéger les bêtes d’attaques de loups. Car le tourisme a besoin d’une filière laitière en bonne santé, qui propose des produits de qualité ( AOC, AOP ) aux touristes. L’agriculture produit et elle exporte.
Pression urbaine
Cette pression foncière, en Haute-Savoie s’ajoute à la pression démographique. L’augmentation très forte de la population, conséquence de le proximité avec la locomotive économique suisse, pousse à l’urbanisation, pour le logement et des équipements. Le dynamisme économique attire aussi de ce côté de la frontière des entreprises à la recherche de marchés solvables. Il est dès lors tentant pour les communes ou intercommunalités de sacrifier de bonnes terres agricole pour recevoir des zones artisanales.
Ce tableau explique qu’en Haute Savoie, comme dans bien d’autres départements l’avenir de l’agriculture et de l’élevage sont des dossiers très graves. Les exploitations ont tendance à être plus vastes, plus équipées, plus capitalistiques, gourmandes en investissements. Ce qui rend difficile, ici aussi la transmission de fermes, et encore davantage l’installation de jeunes, excepté parfois dans des activités comme le maraichage, proches de marchés de consommateurs à pouvoir d’achat intéressant.
Michel Deprost redaction@enviscope.com


