Le cadre social très avantageux , couteux pour EDF SA, impacte négativement la capacité d’investissement de l’entreprise.
La Cour des Comptes a déjà souligné en 2019 que EDF SA « continue d’offrir des rémunérations
élevées et une série d’avantages, sans équivalent, dont bénéficient salariés et anciens salariés,
largement déconnectées des performances de l’entreprise ». Le constat reste valable, si on compare le cadre social de l’entreprise à la moyenne des conditions sociales des autres entreprises en France.
À l’exception des plus hauts salaires, souligne le rapport de la Cour, » les rémunérations annuelles excèdent les moyennes nationales, tandis que les rythmes d’augmentation annuelle suivent, en longue période, ceux pratiqués tant par le secteur privé que par la fonction publique, hors décrochage observé en 2022 et 2023. » La médiane ( autant de cadres rémunérés moins que la médiane que de cadres rémunérés davantage) de rémunération nette des cadres excède de plus de 20 % celle des cadres de l’industrie.
Aux rémunérations s’ajoutent selon la Cour des avantages « aux proportions peu communes dont les coûts pour l’entreprise avoisinaient 1 Milliard d’euros en 2024. » Ces avantages concernent la politique logement et mobilité (230 M€), les aides familiales (80 M€), les activités sociales des industries électriques et gazières ( 180 M€ en 2024) . Autre avantage la règle qui permet aux salariés statutaires de bénéficier d’un tarif de l’électricité ou du gaz représentant moins de 2 % des tarifs moyens réels (460 M€). L’ensemble de ces avantages est rarement mis en avant dans les comparaisons de rémunération des salariés du privé.
En 2023, la fermeture du régime spécial de retraite des industries électriques et gazières a supprimé l’un des avantages importants du statut sauf pour les salariés embauchés avant le 1er septembre 2023. La réforme qui doit produire très progressivement ses effets ne modifie pas le financement du régime spécial qui fait peser sur EDF SA des engagements sociaux sans équivalent (18,6 Md€ à fin 2024).
Cette dépense, souligne la Cour des Comptes » altère significativement sa capacité d’investissement. » EDF SA est attractive, conserve aisément ses salariés et leurs compétences avec une rotation très faible de ses effectifs. Seuls 0,4 % des salariés démissionnent et 0,1 % sont licenciés, ces taux sont respectivement de 5,8 % et de 6,3 % dans l’industrie en France.
