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EDF SA : un cadre social avantageux malgré une situation financière dégradée selon la Cour des Comptes

   La Cour des Comptes met en évidence dans un nouveau rapport, les avantages offert par EDF SA, société mère du groupe, à ses salariés, malgré parfois des résultats dégradés.

Le groupe EDF rassemble plus de 191 000 collaborateurs. Depuis le début des années 2000 et la libéralisation du secteur énergétique européen, EDF  a connu d’importantes mutations, sans constate la rapport, de réforme en profondeur du cadre social des salariés, qui relèvent encore principalement du statut national des industries électriques et gazières.

Plusieurs contrôles,  notamment en 2013 et 2019, de la gestion des ressources humaines d’EDF SA, société mère,  près de 68 000 salariés à fin 2024, ont appelé à une modernisation de ce cadre social. Or, la situation financière EDF SA est  dégradée comme la Cour des Comptes l’a relevé en 2025 dans son rapport sur le modèle économique d’EDF. L’entreprise doit par ailleurs engager un nouveau programme nucléaire en France. Face à ces enjeux  la Cour a de nouveau examiné la gestion des ressources humaines d’EDF SA, pour la période postérieure à 2018.

La Cour dresse quatre constats majeurs.

La réorientation à la hausse des effectifs depuis 2021, en lien avec la relance de la filière nucléaire, et la persistance d’une politique salariale déconnectée des performances de l’entreprise ont entraîné une forte croissance des charges de personnel , plus  17 % entre 2021 et 2024 pour atteindre 7,5 Md€ en 2024.

La sécurisation des compétences est devenue une priorité récemment renforcée, de la politique des ressources humaines compte tenu des défis industriels de l’entreprise et du groupe. On le sait en effet, comme le rappelle parfois Enviscope, la filière nucléaire a besoin de recruter, de former, de professionnaliser les salariés notamment dans les centrales nucléaires où parfois un manque de rigueur est constaté, par exemple pour le port des badges pour la radioprotection. Avec 7 % de sa masse salariale, EDF a instauré une planification des charges industrielles et des besoins en compétences pour le nucléaire qui mériterait d’être étendue à d’autres domaines.

 

Le cadre social d’EDF SA , rappelle la Cour des Comptes   » reste caractérisé par des rémunérations élevées et une série d’avantages aux proportions peu communes, dont certains présentent une valorisation sociale et fiscale très en-deçà de leur valeur réelle pour les bénéficiaires  » . Ces coûts avoisinaient 1 Md€ en 2024. Certes, ces avantages sont défendus comme un atout pour l’attractivité et la fidélisation des salariés. Mais, en fait, au-delà même de son coût, le cadre  social  » privilégié » ( le mot n’est pas de la Cour) pénalise le fonctionnement des activités et la compétitivité.  «  Une grille des rémunérations obsolète contrarie la bonne adéquation entre l’évolution des rémunérations et les performances de l’entreprise, alors que les régimes de temps de travail restent morcelés et figés face à l’évolution des activités de l’entreprise. »

Au final, la Cour des Comptes constate qu’EDF SA  ne parvient pourtant pas à réformer ce cadre social, les impératifs de production prévalant en définitive sur les ambitions de réforme, ce qu’illustrent les très importantes revalorisations salariales consenties par EDF SA en 2022 pour 2023 malgré les pertes historiques de l’entreprise cette année‑là.

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